L'autorité... la foi... ne servira
Sur cet emploi du singulier, v. p. 89, 33'&.
déréglées: il faut qu'il périsse; et, à quelque prix que ce soit, il doit être sacrifié au libertinage ^
Au reste, ne croyez pas que l'impiété s'engage sans nécessité dans toutes les absurdités que vous avez vues. Si, contre le témoignage du genre humain et contre toutes les règles du bon sens, elle s'attache à ôter au Pentateuque et aux prophéties leurs auteurs toujours reconnus, et à leur contester leurs dates, c'est que les dates font tout en cette matière, pour deux raisons : premièrement, parce que des livres pleins de tant de faits miraculeux, qu'on y voit revêtus de leurs circonstances les plus parliculières, et avancés non-seulement comme publics, mais encore comme présents *, slls eussent pu être démentis, auraient porté avec eux leur condamnationet, au lieu qu'ils se soutiennent de leur propre poids, ils seraient tombés par eux-mêmes il y a longtemps; secondement, parce que leurs dates étant une fois fixées, on ne peut plus effacer la marque infaillible d'inspiration divine qu'ils portent empreinte dans le grand nombre et la longue suite des prédictions mémorables dont on les trouve remplis.
C'est pour éviter ces miracles et ces prédictions, que les impies sont tombés dans toutes les absurdités qui vous ont surpris. Mais qu'ils ne pensent pas échapper à Dieu •'' : il a réservé à son Écriture une marque de divinité qui ne souffre aucune atteinte. C'est le rapport des deux Testaments. On ne dispute pas du moins que * tout l'Ancien Testament ne soit écrit devant le Nouveau. 11 n'y a point ici de nouvel Esdras qui ait pu persuader aux Juifs d'inventer ou de falsifier leur Écriture en faveur des chrétiens qu'ils persécutaient. Il n'en faut pas da-
1. Au LmERTiNAGE. SuF Ic sens pro- pour convaincre l'incrédulité et la conpre de ce mot, v. p. 397, n. 5. i fondre.
2. Comme présents. Comme actuels ou 4. On nb dispute pas que. On ne met contemporains. pas en doute, en discussion, que l'An-
3. Qu'ils ne pensent pas écuapper a j cien Testament ne soit... — « Elle Dieu. Sublime et terrible manière d'à- (M"'» de La Fayette), ne dispute point mener le dernier mol de cette discus- ! que son esprit ne lui fasse du mal.» (Sésion, la dci'nière preuve, celle sur la- | vigne). Disputer que n'est pas entré quelle le grand docteur compte le plus [ dans l'usage définitif.
SUR L'niSTOIRK UiMVEUSEIXE. 423
vanlage. Par le rapport des deux Testaments, on prouve que l'un et l'autre est divin. Ils ont tous deux le môme dessein et la môme suite : l'un prépare la voie à la perfection que l'autre montre à découvert; l'un pose le fondement, et l'autre achève l'édifice; en un mot, l'un prédit ce que l'autre fait voir accompli.
Ainsi tous les temps sont unis ensemble, et un dessein éternel de la divine Providence nous est révélé. La tradition du peuple juif et celle du peuple chrétien ne font ensemble qu'une même suite de religion , et les Écritures des deux Testaments ne font aussi qu'un même corps et un même livre.