‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 413 sur 583 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Moyen facile de remonter à la source de la religion, et d'en trouver la vérité dans son principe.

Ces choses seront évidentes à qui voudra les considérer avec attention. Mais comme tous les esprits ne sont pas également capables d'un raisonnement suivi, prenons par la main les plus infirmes, et menons-les doucement jusqu'à l'origine *.

Qu'ils considèrent d'un côté les institutions chrétiennes, et de l'autre celles des Juifs; qu'ils en recherchent la source, en commençant par les nôtres, qui leur sont plus familières, et qu'ils regardent attentivement les lois qui règlent nos mœurs; qu'ils regardent nos Écritures, c'est-à-dire les quatre Évangiles, les Actes des Apôtres,

1. Dans le texte publié par Bossuct, lech. XXVIII était immédiatemeat suivi de celui qu'il a intitulé dans l'édition de 1100, Les prédictions réduites à trois faits palpables, etc., et qui forme aujourd hui le xxx». Tout ce qui se place

sailles en ont fait le ch . xxix. C'est la plus considérable des additions qu'ils ont puisées dans les M. S. de l'auteur. 2. On voit à quel scrupule de clarté Bossuet a obéi, en écrivant ce nouveau résumé de la suite des choses, tant sous

dans l'entre-deux, sous ce titre, î l'ancienne Loi que sous la nouvelle, es-

Moyen facile... a été écrit après coup : pèce d'instruction plus simple, où il ca-

par Bossuet, en vue de l'édition nou- \ téchise, en quelque sorte, tes plus infir-

\elie, qu'il n'a pas eu le temps de met- mes esprits, les moins clairvoyants. tre en lumière. Les éditeurs de Ver- 1

lesÉpîtres apostoliques, et l'Apocalypse; nos sacrements, notre sacrifice, notre cuUe; et parmi les sacrements, le Baptême, où ils voient la consécration du chrétien sous l'invocation expresse de la Trinité; l'Eucharistie, c'està-dire un sacrement établi pour conserver la mémoire de la mort de Jésus-Chrisl, et de la rémission des péchés qui y est attachée : qu'ils joignent à toutes ces choses le gouvernement ecclésiastique, la sociélé de l'Église chrétienne en général , les églises particulières, les évêques, les prêtres , les diacres préposés pour les gouverner. Des choses si nouwlles, si singulières *, si universelles, ont sans doute une origine. Mais quelle origine peut-on leur donner, sinon Jésus- Christ et ses disciples; puisqu'en remontant par degrés et de siècle en siècle, ou pour mieux dire d'année en année, on les trouve ici* et non pas plus haut , et que c'est là que commencent non-seulement ces institutions, mais encore le nom mêm.e de chrétien? Si nous avons un Baptême, une Eueharistie, avec les circonstances que nous avons vues, c'est Jésus Christ qui en est l'auteur. C'est lui qui a laissé à ses disciples ces caractères de leur profession, ces mémoriaux ^ de ses œuvres , ces instruments de sa grâce. Nos saints livres se trouvent tous publiés dès le temps des apôtres, ni plus tôt, ni plus tard; c'est en leur personne que nous trouvons la source de l'épiscopat. Que si, parmi nos évoques, il y en a un premier, on voit aussi une primauté parmi les apôtres; et celui qui est le premier parmi nous est reconnu dès l'origine du christianisme pour le successeur de celui qui était déjà le premier sous Jésus-Christ même, c'est-à-dire de Pierre. J'avance hardiment ces faits, et même le dernier comme constant, parce qu'il ne peut jamais être contesté de bonne foi, non plus que les autres, comme il se-

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