‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 436 sur 583 · Cf Pascal, Pensées, art. xrx, 6, éd. Havet, t. II, p · texte numérisé non relu

Cf Pascal, Pensées, art. xrx, 6, éd. Havet, t. II, p

4. Allusion aux textes des prophètes cités plus haut, particulièrement à ceux d'isaîe. LU, 15 ; lx, 1.

5. Les nourriciers. <Tu suceras le lait des nations, dit Isaïe à la cité sainte, et tu seras no'irrie de la mamelle des rois. •

Lx, 16. Et mamillaregum lactaberis. On voit l'origine biblique de ce mot, nourriciers de l'Eglise, appliqué par Bossuet aux princes chrétiens en cet endroit et ailleurs : « Mais quoi I je ne vois pas encore les rois et les empereurs. Ou sontils ces illustres nourriciers, tant de fois promis à l'Eglise par les prophètes ? » s. sur l'unité de l'Eglise, le' p.

6. Illustres. Eclatantes de lumière, comme plus haut, p. 31, 434; comme dans cette phrase du Tr. de la connaissance de Dieu et de soi-même, ch, v : • Nous avons quelque expérience de cette ■vie bienheureuse, lorsque quelque vérité i7/u5;renous apparaît. » Illustre, c.-à-d., brillante d'éviaence,lumineuse. Sens conforme à celui du latin Ulustris. Est plia aliqu'^nto illustre quam dilucidum. Cic Part., ô.

pour l'auteur d'un si admirable conseil, en a découvert le secret à ses prophètes, et leur a fait prédire ce qu'il avait résolu d'exécuter ^ C'est pourquoi, comme les empires entraient dans l'ordre des desseins de Dieu sur le peuple qu'il avait choisi, la fortune de ces empires se trouve annoncée par les mêmes oracles du Saint-Esprit qui prédisent la succession du peuple fidèle.

Plus vous vous accoutumerez à suivre les grandes choses et à les rappeler à leurs principes ^ plus vous serez en admiration de^ ces conseils de la Providence. Il importe que vous en preniez de bonne heure les idées, qui s'éclairciront tous les jours de plus en plus dans votre esprit, et que vous appreniez à rapporter les choses humaines aux ordres de cette sagesse éternelle dont elles dépendent.

Dieu ne déclare pas tous les jours ses volontés par ses prophètes touchant les rois et les monarchies qu'il élève ou qu'il détruit. Mais l'ayant fait tant de fois dans ces grands empires dont nous venons de parler, il nous montre, par ces exemples fameux, ce qu'il fait dans tous les autres ; et il apprend aux rois ces deux vérités fondamentales : premièrement, que c'est lui qui forme les royaumes pour les donner à qui il lui plaît; et secondement, qu'il sait les faire servir, dans les temps et dans l'ordre qu'il a résolu, aux desseins qu'il a sur son peuple *.

C'est ce qui doit tenir tous les princes dans une entière dépendance, et les rendre toujours attentifs aux ordres de Dieu, afin de prêter la main à ce qu'il médite

1. Déjà dit et redit dans les paragraphes précédents. Bossuet ne veut laisser aucun doute sur le rôle providentiel qu'il vient d'attribuer aux divers grands empires de l'antiquité : de là cet appel réitéré aux témoignages des prophètes.

2. C'est à quoi toute histoire, religieuse ou profane, doit s'appliquer. Voilà, en deux mots excellents, la méthode et le but des études historiques. Tant qu'on s'attachera, dans ces études, à suivre les grandes choses et à les rappeler à leurs principes,\'hisloii6seTtilt plus fé-

cond et le plus nécessaire des enseignements. — Rappeler: sens de ramener :

ainsi, en latiu, se prend souvent revoeare. Cf. p. 423, n. 2.

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