CHAPITRE II
Les révolutions des empires ont des causes particulières que les princes doivent étudier.
Mais ce qui rendra ce spectacle plus utile ' et plus
{ . C -à-d., les occasions qu'il leur présente de prêter la maia...
i. L'àrrooaivce, compagne... Notable exemple de l'indépendance d'esprit et delà libertéde langage que Bossuet garde devant ces majestés terrestres qu'il est chargé d'instruire.
3. MouRiB LBs noTAtJHBS. Hardie, mais très-juste répétition du verbe, puisque l'idée dominante est celle de la mortalité, commune à tout ce qui est humain.
4. Le langage humain ne saurait s'élever plus haut en parlant à l'homme
de sa fragilité et de son néant. — L'auteur nous explique ici, comme nul ne le saurait faire, ce que lui-même nous a fait précédemment sentir, ce qu'enlisant la première Partie, nous éprouvions, à voir ce rapide défilé de peuples et d'empires entraînés vers l'abime. — Fracas doit être pris, non au sens de bruit, mais dans l'acception première (frangi).
5. Plds utils. Rien aux yeux de Bossuet ne peut être plus utile que les hautes leçons chrétiennes qu'il vient de nous donner. Mais rappelons-nous qu'il
agréable, ce sera la réflexion * que vous ferez non-seulement sur l'élévation et sur la chute des empires, mais encore sur les causes de leur progrès et sur celles de leur décadence.
Car ce même Dieu qui a fait l'enchaînement de l'univers, et qui, tout-puissant par lui-même, a voulu, pour établir l'ordre, que les parties d'un si grand tout dépendissent les unes des autres; ce même Dieu a voulu aussi que le cours des choses humaines eût sa suite et ses proportions : je veux dire que les hommes et les nations ont eu des qualités proportionnées à l'élévation à laquelle ils étaient destinés ; et qu'à la réserve de certains coups extraordinaires, où Dieu voulait que sa main parût toute seule, il n'est point arrivé de grand changement qui n'ait eu ses causes dans les siècles précédents.
Et comme dans toutes les affaires il y a ce qui les prépare, ce qui détermine à les entreprendre, et ce qui les fait réussir ; la vraie science de l'histoire est de remarquer dans chaque temps ces secrètes dispositions ^ qui ont préparé les grands changements, et les conjonctures importantes qui les ont fait arriver.
En effet, il ne suffit pas de regarder seulement devant ses yeux, c'est-à-dire de considérer ces grands événements qui décident tout à coup de la fortune des empires. Qui veut entendre à fond les choses humaines, doit les reprendre de plus haut ; et il lui faut observer les inclinations et les mœurs, ou, pour dire tout en un mot, le caractère tant des peuples dominants en général que des princes en particulier, et enfin de tous les hommes extraordinaires qui, par l'importance du personnage qu'ils ont eu à faire dans le monde, ont contri-
se propose désormais, non de détacher nos esprits de la vie présente, mais, au contraire, de nous y intéresser, en nous apprenant, par les exemples du passé, à en bien user, dans tous les ordres d'activité qu'elle, comporte. Telle est l'utilité propre de cette III* Partie.