Lbs consuls. Les deiseins
avaient rendu ses prédécesseurs heureux aussi bien que leurs sujets.
Ce qui montre que ces remontrances se faisaient et s'écoutaient sérieusement, c'est qu'elles avaient leur effet. Parmi les Thébains, c'est à-dire dans la dynastie principale, celle où les lois étaient en vigueur, et qui de\'int à la fin la maîtresse de toutes les autres *, les plus grands hommes ont été les rois. Les deux Mercures auteurs des sciences et de toutes les institutions des Égyptiens, l'un voisin des temps du déluge, et l'autre qu'ils ont appelé le Trismégiste ou le trois fois grand *, contemporain de Moïse, ont été tous deux rois de ïhèbes. Toute l'Egypte a profité de leurs lumières, et Thèbes doit h leurs instructions d'avoir eu peu de mauvais princes ^. Ceux-ci étaient épargnés pendant leur vie ; le repos public le voulait ainsi : mais ils n'étaient pas exempts du jugement qu'il fallait subir après la mort*. Quelquesuns ont été privés de la sépulture, mais on en voit peu d'exemples; et, au contraire, la plupart des rois ont été si chéris des peuples, que chacun pleurait leur mort autant que celle de son père ou de ses enfants.
Cette coutume déjuger les rois après leur mort parut si sainte au peuple de Dieu, qu'il l'a toujours pratiquée. Nous voyons dans l'Écriture que les méchants rois étaient privés de la sépulture de leurs ancêtres; et nous apprenons de Joscphc * que cette coutume durait encore du temps des Asmonéens. Elle faisait entendre aux rois que si leur majesté les met au dessus des jugements humains pendant leur vie, ils y reviennent^ enfin quand la mort les a égalés aux autres hommes.
I. Bossuel admet la simullanéité des nombre dans les autres dynasties. Te-
dvnastjes égyptieuucs. V. p. 29,42. nons compte à l'auteur de celte sorte
i. Le nom d'Ueimès, substitué yàr < de restriction apportée aux trop com-
les Grecs au nom indigène (Thoth de i plaisantes | eintures de tout a 1 heure.
rts deux lé^islateiirs et inventeurs de 4. l^iod., lib. I, sect. i, a. 23. B.
.'ancieune Egypte, a fait pliice chez les 5. Ant., lib. Xlll, c. iZ, al. 15. B.
Latins à telui de ileicure. La plus 6. Ils t hevientsext. — Ils retombent
grande incertitude règne sur l'époque sous cette juridiction. La familiarité de
des deux Mercures égyptiens. l'expression populaire, ils y revifiment,
3. C'est avouer implicitement que les ajoute encore à la francbise de la leçon :
mauvais princes furent en plus grand ainsi est p<<eux rabattue cette Gère ma-
Les Égyptiens avaient Tesprit inventif, mais ils le tournaient aux choses utiles. Leurs Mercures ont rempli l'Egypte d'inventions merveilleuses, et ne lui avaient presque rien laissé ignorer de ce qui pouvait rendre la vie commode et tranquille. Je ne puis laisser aux Égyptiens la gloire qu'ils ont donnée à leur Osiris, d'avoir inventé le labourage * ; car on le trouve de tout temps dans les pays voisins de la terre d'où le genre humain s'est répandu, et on ne peut douter qu'il ne fût connu dès l'origine du monde. Aussi les Égyptiens donnent-ils eux-mêmes une si grande antiquité à Osiris, qu'on voit bien qu'ils ont confondu son temps avec celui des commencements de l'univers, et qu'ils ont voulu lui attribuer les choses dont l'origine passait de bien loin tous les temps connus dans leur histoire. Mais si les Égyptiens n'ont pas inventé l'agriculture, ni les autres arts que nous voyons devant Me déluge, ils les ont tellement perfectionnés, et ont pris un si grand soin de les rétablir parmi les peuples où la barbarie les avait fait oublier, que leur gloire n'est guère moins grande que s'ils en avaient été les inventeurs.
Il y en a même de très-importants dont on ne peut leur disputer l'invention. Comme leur pays était uni, et leur ciel toujours pur et sans nuage, ils ont été les premiers à observer le cours des astres ^ Ils ont aussi les premiers réglé l'année *. Ces observations les ont jetés naturellement dans l'arithmétique; et s'il est vrai, ce que dit Platon ^, que le soleil et la lune aient enseigné aux hommes la science des nombres, c'est-à-dire qu'on
jesté qui bravait les jugements humains, et devant laquelle tout se taisait, avant que la mort l'atteignit de sou niveau.
1 . Diod., lib. 1, sect. 1, n. 8 ; Plut., De hid. et Osir. B.