Herod., lib. Ul, c. 12. B
naient aux autres '. La course à pied, la course à cheval, la course dans les chariots se pratiquaient en Egypte avec une adresse admirable ; et il n'y avait point dans tout l'univers de meilleurs hommes de cheval que les Égyptiens. Quand Diodore nous dit qu'ils rejetaient la lutte * comme un exercice qui donnait une force dangereuse et peu durable, il a dû l'entendre de la lutte outrée des athlètes, que la Grèce elle-même, qui la couronnait dans ses jeux, avait blâmée, comme peu convenable aux personnes libres ; mais avec une certaine modération, elle était digne des honnêtes gens', et Diodore lui-même nous apprend * que le Mercure des Égyptiens en avait inventé les règles, aussi bien que l'art de former les corps. Il faut entendre de même ce que dit encore cet auteur touchant la musique ^ Celle qu'il fait mépriser aux Égyptiens, comme capable de ramollir les courages*, était sans doute cette musique molle et efféminée qui n'inspire que les plaisirs et une fausse tendresse. Car pour cette musique généreuse, dont les nobles accords élèvent l'esprit et le cœur, les Égyptiens n'avaient garde de la mépriser, puisque, selon Diodore même '', leur Mercure l'avait inventée, et avait aussi inventé le plus grave des instruments de musique. Dans la procession solennelle des Égyptiens, où l'on portait en cérémonie les livres de Trismégiste, on voit marcher à la tête le chantre tenant en main un symbole de la musique (je ne sais pas ce que c'est) et le livre des hymnes sacrés *. Enfin l'Egypte n'ou-
1. Hérodote explique le fait par l'habitude qu'avaient les Égyptiens d'aller toujours tête nue et rasée, tandisque les Perses étaieut constamment coiÊFés de bonnets en forme de tiaie.