‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 485 sur 583 · Sur cet usage de par, i. p · texte numérisé non relu

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puissance, et fit quelques efforts pour réparer les désordres. Mais la corruption était déjà trop universelle; l'abondance avait introduit trop de dérèglement dans les mœurs; et Darius n'avait pas lui-même conservé assez de force pour être capable de redresser tout à fait les autres. Tout dégénéra sous ses successeurs, et le luxe des Perses n'eut plus de mesure.

Mais encore que ces peuples devenus puissanls eussent beaucoup perdu de leur ancienne vertu en s'abandonnant aux plaisirs, ils avaient toujours conservé quelque chose de grand et de noble. Que peut-on voir de plus noble que l'horreur qu'ils avaient pour le mensonge •, qui passa toujours parmi eux pour un vice honteux et bas ? Ce qu'ils trouvaient le plus lâche, après le mensonge, était de vivre d'emprunt. Une telle vie leur paraissait fainéante, honteuse, servile, et d'autant plus méprisable qu'elle portait à menlir. Par une générosité naturelle à leur nation, ils traitaient honnêtement les rois vaincus. Pour peu que les enfants de ces princes fussent capables de s'accommoder ^ avec les vainqueurs, ils les laissaient commander dans leur pays avec presque toutes les marques de leur ancienne grandeur ^ Les Perses élaient honnêtes *, civils, libéraux envers les élrangers,et ils savaient s'en servir ^ Les gens démérite étaient connus* parmi eux, et ils n'épargnaient ri.n pour les gagner. Il est vrai qu'ils ne sont pas arrivés à la connaissance parfaite de cette sagesse qui apprend à bien

1. Plat.,.4ic(V,., I; Hcrod., lib. I, cap. i 38. B. — Cet esprit de sincérité était bien affaibli un siècic après Cyrus. Leur courfuite envers les Dix-raiile, depuis !a bataille de Cimaxa jusqu'à l'entrevue près du llouve Zabaîès,cst un tissu de iâclics mensonges et d'odieuses perfidies.

a. S'accommoder, au sens de, vivre en paix, ou faire sa paix avec quelqu'un, se disait et s'écrivait alors plus souvent qu'aujourd'hui.

Las frères désunis sont tous d'avis contraire.

L'un veut s'oeeonî»iO(/£r ; 1 autre n'en veut

[rien faire.

La FOSTAlME.lV, 18.

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