‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 487 sur 583 · On T UAIIQUAIT LES SERVICES · texte numérisé non relu

On T UAIIQUAIT LES SERVICES

Il s'est fait apporter ces annales colébre',

Où les faits de son lègne

On y conserve écrits le ser»ice et l'ullense, Monuments éternels d'amour et de rengesucc. Racikb, Eslher, U, l.

belle manière d'attacher les particuliers au bien public, que de leur apprendre qu'ils ne devaient jamais sacrifier* pour eux seuls '\ mais pour le roi et pour tout l'État, où chacun se trouvait avec tous les autres. Un des premiers soins du prince était de faire fleurir l'agriculture; et les satrapes dont le gouvernement était le mieux cultivé avaient la plus grande part aux grâces ^. Comme il y avait des charges établies pour la conduite des armes, il y en avait aussi pour veiller aux travaux rustiques : c'était deux charges semblables*, dont Tune prenait soin de garder le pays, et l'autre de le cultiver. Le prince les protégeait avec une afi'ection presque égale, et les faisait concourir au bien public. Après ceux qui avaient remporté quelque avantage à la guerre, les plus honorés étaient ceux qui avaient élevé beaucoup d'enfants '. Le respect qu'on inspirait aux Perses, dès leur enfance, pour l'autorité royale, allait jusqu'à l'excès, puisqu'ils y mêlaient de l'adoration, et paraissaient plutôt des esclaves que des sujets soumis par raison à un empire légitime : c'était l'esprit des Orientaux; et peut-être que le naturel vif et violent de ces peuples demandait un gouvernement plus ferme et plus absolu ^

La manière dont on élevait les enfants des rois est admirée par Platon '', et proposée aux Grecs comme le modèle d'une éducation parfaite. Dès l'âge de sept ans on les tirait des mains des eunuques, pour les faire monter à cheval, et les exercer à la chasse. A l'âge de quatorze

1. Herod., lib. I. B.— Les renseii,'iie- despotique et le tempérament des races nieiits de nature assez diverse, que IJus- d'Orient {Esprit des lois, l.Y.c. li, 15). suet accumule dans ces deux pages, tuu- | Mais le despotisme proprement dit ne chaut l'État des Perses, se succèdoiit lui paraît bon nulle part; et Bossuet

lui même est de cet avis, lui qui dira plus loin, en parlant de ces mêmes Perses, au temps des guerres médiques, qu'en définitive « leur forme de gouvernement n'avait d'aulre règle que la volouté du prince, maîtresse de toutes les lois et même des plus sacrées : • état de choses

sans bt^aucoup d'ordre, ou du moins sans liaison marquée.

2. Sacrifier... Sacra faccre .. : Ne jamais prier lesdieux poureux seuls, en offrant le sacrifice, dit Hérodote, à l'endroit cité. G. 131.

Page 1