Des courages. Des cœurs. Animi
l'amour de la gloire, le sentiment de la — Uème réflexion que plus haut (p. 459,
élevés, mais il faut lui aider à les former. Ce qui les forme, ce qui les achève, ce sont des sentiments forts et de nobles impressions qui se répandent dans tous les esprits, et passent insensiblement de l'un à l'autre ^ Qu'est-ce qui rend notre noblesse si fière dans les combats, et si hardie dans les entreprises ? c'est l'opinion reçue dès l'enfance, et établie par le sentiment unanime de la nation, qu'un gentilhomme sans cœur se dégrade luimême, et n'est plus digne de voirie jour^ Tous les Romains étaient nourris dans ces sentiments, et le peuple disputait avec la noblesse à qui agirait le plus par ces vigoureuses maximes. Durant les bons lemps de Rome, l'enfance même était exercée par les travaux : on n'y entendait parler d'autre chose que de la grandeur du nom romain. Il fallait aller à la guerre quand la république l'ordonnait, et là travailler sans cesse ^ camper hiver et été, obéir sans résistance, mourir ou vaincre \ Les pères qui n'élevaient pas leurs enfants dans ces maximes, et comme il fallait pour les rendre capables de servir l'État, étaient appelés en justice par les magistrats, et jugés coupables d'un attentat envers le public. Quand on a commencé à prendre ce train^,les grands hommes se font les uns les autres ®; et si Rome en a plus porté qu'aucune autre ville qui eût été avant elle, ce n'a point été par hasard ; mais c'est que l'État romain, constitué de la manière que nous avons vu, était, pour ainsi parler, du
Du génie des Éthiopiens), mais plus développée, sur la nécessité de fortifier par les mœurs publiques et les institutions ces nobles semences naturelles.
1. C'est ce que les anciens appelaient bene morata civHas, et ce qut les sages citoyens demandaient avant tout pour leur pays.