‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 56 sur 583 · Herodotus, pater historiée. Cic, De leg. ,l,i · texte numérisé non relu

Herodotus, pater historiée. Cic, De leg. ,l,i

0. Le pBEMiEn ACTBOR. C'est-à-dire, le premier, digne du nom d'historien. Le siècle qui précède celui d'Hérodote avait vu paraître Cadnius de Jlilet, Hécatée de Milet, et autres logographes.

quinze siècles. Hérodote n'avait garde * de parler des Juifs dans l'histoire qu'il nous a laissée ; et les Grecs n'avaient besoin d'être informés que des peuples que la guerre, le commerce ou un grand éclat leur faisait connaître. La Judée, qui commengait à peine à se relever de sa ruine, n'attirait pas les regards. Ce fut dans des temps si malheureux que la langue hébraïque commença à se mêler de langage chaldaïque, qui était celui de Babylone durant le temps que le peuple y fut captif ; mais elle était encore entendue, du temps d'Esdras, de la plus grande partie du peuple, comme il paraît par la lecture qu'il fit faire des livres de la loi « hautement et inteiligi- « blement en présence de tout le peuple, hommes et « femmes en grand nombre, et de tous ceux qui pou- « valent entendre, et tout le monde entendait pendant « la lecture *. » Depuis ce temps, peu à peu elle cessa d'être vulgaire. Durant la captivité, et ensuite par le commerce qu'il fallut avoir avec les Chaldéens, les Juifs apprirent la langue chaldaïque, assez approchante de la leur *, et qui avait presque le même génie. Cette raison leur fît changer l'ancienne figure des lettres hébraïques, et ils écrivirent l'hébreu avec les lettres des Chaldéens, plus usitées parmi eux, et plus aisées à former. Ce changement fut aisé entre deux langues voisines, dont les lettres étaient de môme valeur, et ne différaient que dans la figure Depuis ce temps on ne trouve l'Écriture sainte parmi les Juifs qu'en caractères chaldaïques *.

{ . n'avait garde de. c'est-à-dire, Hé- sailles : < Mais les Samaritains retinrent

rodoten'avaitpaset ne pouvait pas avoir toujours l'ancienne manière d'écrire,

l'idée de le faire. Cet emploi particulier Leurs descendants ont persévéré dans

de l'idiotisme, n'nvoir garde de, se re- cet usage jusqu'à nos jours, et nous ont

trouve exactement dans cette phrase de par ce moyeu conservé le Pcnlateuque,

Corneille : • Cette pièce fut mon coup qu'on appelle Samaritain, en anciens

d'essai, et elle n'avait garde d'être dans caractères hébraïques, tels qu'on les

les règles, puisque je ne savais pas alors trouve dans les médailles et dans tous

qu'il y en eût. • (Examen de Alélite.) les monuments dos siècles passés. » Ce

i. Il lîsdr., VIII, 3, 6, 8. B. peu de mots a fait pace dins loilitinn

3. Appuocuamtb de. Forme d'adjectif de -Versailles, a ce qu'on lit ici, depuis i |)ou près tombée en désuétude aujour- J'ai dit que l'Écriture ne se trouve... d'hui, quoiqu'elle n'ait point disparu jusqu'à, en l'état ui'i noua les co;;(-»s du Uictiouuaire de l'Académie. quelques pages au lieu de quelques li-

4. Après cette phrase, on lisait dans gnes. C'est là une des principales addiles éditions auténeures à celle de Ver- i lions faites au teste par les éditeurs de

J'ai dit que l'Écriture ne se trouve parmi les Juifs qu'en ces caractères. Mais on a trouvé de nos jours, entre les mains des Samaritains, un Pentateuque en anciens caractères hébraïques, tels qu'on les voit dans les médailles et dans tous les monuments des siècles passés. Ce Pentateuque ne diffère en rien de celui des Juifs, si ce n'est qu'il y a un endroit falsifié en faveur du culte public, que les Samaritains soutenaient que Dieu avait établi sur la montagne deGarizim près de Samarie, comme les Juifs soutenaient que c'était dans Jérusalem. Il y a encore quelques différences, mais légères. Il est constant que les anciens Pères, et entre autres Eusèbe et saint Jérôme, ont vu cet ancien Pentateuque samaritain ; et qu'on trouve dans celui que nous avons tous les caractères de celui dont ils ont parlé.

Pour entendre parfaitement les antiquités du peuple de Dieu, il faut ici en peu de mots faire l'histoire des Samaritains et de leur Pentateuque. Il faut pour cela se souvenir qu'après Salomon, et en punition de ses excès, sous Roboam son fils. Jéroboam sépara dix tribus du royaume de Juda, et forma le royaume d'Israël, dont la capitale fut Samarie (924-914).

Ce royaume, ainsi séparé, ne sacrifia plus dans le temple de Jérusalem^ et rejeta toutes les Écritures faites depuis David et Salomon, sans se soucier non plus des ordonnances de ces deux rois, dont l'un avait préparé le temple, et l'autre l'avait construit et dédié.

Rome fut fondée l'an du monde 3250; et trente-trois ans après, c'est-à-dire l'an du monde 3283, les dix tribus schismatiques furent transportées à Ninive, et dispersées parmi les Gentils *.

Sous Asaraddon, roi d'Assyrie, les Cuthéens furent

Versailles, d'après les notes manuscrites que Cossuet, dans ses dernières ann(îes, avait rédigées pour une nouvelle édition (trois avaient paru par ses soins, en 16S1, 1682, 1700). Cette addition a entriiiné la suppression d'un passage concernant les mêmes Samaritains, qui se trouvait placé dans la VU» Époque, im-

médiatement après ce que dit l'auteur dos conquêtes d'Asaraddon. V. les éditions antérieures à 1818.

) . D'après les auteurs de VArt de vérifier les dates, c'est l'an du monde 4209 que Rome fut fondée, et l'an du monde 4242 que les dix tribus furent transportées à Niuive (av. J.-C. 721, ou 718).

SUR L'HISTOIRE UMVERSELLE.

envoj'és pour habiter Samarie K C'étaient des peuples d'Assyrie, qui furent depuis appelés Samaritains (G77- 672). Ceux-ci joignirent le culte de Dieu avec celui des idoles, et obtinrent d'Asaraddon un prêtre Israélite qui leur apprit le service du dieu du pays, c'est-à-dire les observances de la loi de Moïse. Mais leur prêtre ne leur donna que les livres de Moïse dont les dix tribus révoltées avaient conservé la vénération *, sans y joindre d'autres livres saints, pour les raisons que l'on vient de voir.

Ces peuples ainsi instruits ont toujours persisté dans la haine que les dix tribus avaient contre les Juifs; et lorsque Cyrus permit aux Juifs de rétablir le temple de Jérusalem (535) ^ les Samaritains traversèrent, autant qu'ils purent, leur dessein, en faisant semblant néanmoins d'y vouloir prendre part, sous prétexte qu'ils adoraient le Dieu d'Israël, quoiqu'ils en joignissent le culte avec celui de leurs fausses divinités.

Ils persistèrent toujours à traverser les desseins des Juifs, lorsqu'ils rebâtissaient leur ville sous la conduite de Néhémias; et les deux nations furent toujours ennemies *.

On voit ici la raison pourquoi ^ ils ne changèrent pas, avec les Juifs, les caractères hébreux en caractères chaldaïques. Ils n'avaient garde d'imiter les Juifs, non plus qu'Esdras leur grand docteur, puisqu'ils les avaient en

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