lEsdr., iT, 2,3.B
\. Celte histoire abrégée des Samaritains et de leur Pentateuque, addition faite au texte par les éditeurs de Versailles, d'après un fragment manuscrit de Bossuet, ne laisse pas d'être un peu longue, si l'on considère l'interruption qui en résulte dans Texposé de la VIII» Epoque. Il se trouve d'ailleurs, dans ce récit, plusieurs choses déjà dites, et
d'autres que l'auteur -va bientôt dire.
Bossuet eut-il lui-même intercalé dans son texte cette digression telle quelle? Il en eût au moins changé le délnit : car les premiers mois {J'aidit que l'Ecriture
ne se trouve parmi les Juifs ) forment
double emploi avec la phrase qui précède, et ne font réellement pas transition. Peut-être les éditeurs de Versailles eussent-ils mieux fait de publier ce fragment en dehors du texte authentique, sous forme de note ou d'appendice.
5. La raison poorquoi. L'adverbe pouvait alors remplacer ainsi le relatif.
Je veux qu'il ail nom moncbe ; est-ce un sujet [j)Ourquoi Vous fassiei sonner tos mérites?
La l''u^TlI^B, IV, t.
exécration : c'est pourquoi leur Pentateuque se trouve écrit en anciens caractères hébraïques, ainsi qu'il a été dit.
Alexandre leur permit de bâtir le temple de Garizim (333). Manassès, frère de Jaddus, souverain pontife des Juifs, qui embrassa le schisme des Samaritains, obtint la permission de bâtir ce temple; et c'est apparemment sous lui qu'ils commencèrent à quitter le culte des faux dieux, ne différant d'avec les Juifs qu'en ce qu'ils le voulaient servir, non point dans Jérusalem, comme Dieu l'avait ordonné, mais sur le mont Garizim.
On voit ici la raison pourquoi * ils ont falsifié, dans leur Pentateuque, l'endroit où il est parlé de la montagne de Garizim, dans le dessein de montrer que cette montagne était bénite^ de Dieu et consacrée à son culte, et non pas Jérusalem.
La haine entre les deux peuples subsista toujours : les Samaritains soutenaient que leur temple de Garizim devait être préféré à celui de Jérusalem. La contestation fut émue'' devant Ptolomée Philoraétor, roi d'Egypte. Les Juifs, qui avaient pour eux la succession et la tradition manifeste, gagnèrent leur cause par un jugement solennel \
Les Samaritains, qui durant la persécution d'Antiochus (167) et des rois de Syrie, se joignirent toujours à eux contre les Juifs, furent subjugués par Jean Hyrcan, fils de Simon, qui renversa leur temple de Garizim (130-129), mais qui ne les put empêcher de continuer leur service sur la montagne où il était bâti, ni réduire ce peuple opiniâtre à venir adorer dans le temple de Jérusalem.
1. On voit ici... Commencement tout pareil à celui de l'avant-dernier paragraphe. Cette redite et quelques autres permettent de supposer que Bossuet n'avait pas mis la dernière main à cet éclaircissement sur les Samaritains.
2. BimiTE. La règle qui détermine aujourd'hui les varialious de forme de ce participe, selon les cas où l'on s'en sert, n'existait pas au xvu" siècle. Bossuet (lit une montagne bénite, et non bénie;
une semence bénite {U.' partie, c. i); des nations bénites (ibid., c. ii). On lit au même endroit : ce germe béni, et : ce bénit enfant.
3. On disait communément, alors, une querelle s'émut, et, d'une manière tout a fait conforme au latin, fut cmue. Muta est controversia. De ces deux formes, la seconde est celle qui a le plus vieilli.