‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 569 sur 583 · Établi selon ses lois fruhtites · texte numérisé non relu

Établi selon ses lois fruhtites

Même sous les rois, a dit Bossuct, p.

549, • les affaires les plus {générales étaient rapportées au peuple, qui eu décidait. 1

ensuite dans sa liberté, et enfin soumise encore une fois au gouvernement monarchique, mais par force et par violence.

Il est aisé de concevoir de quelle sorte s'est formé l'État populaire, ensuite des commencements * qu'il avait dès les temps de la royauté ; et vous ne voyez pas dans une moindre évidence comment, dans la liberté, s'établissaient peu à peu les fondements de la nouvelle monarchie- Car de même que vous avez vu le projet de république dressé ' dans la monarchie par Servius Tullius , qui donna comme un premier goût de la liberté ' au peuple romain, vous avez aussi observé que la tyrannie de Sylla, quoique passagère, quoique courte, a fait voir que Rome, malgré sa fierté, était autant capable de porter le joug que les peuples qu'elle tenait asservis.

Pour connaître ce qu'a opéré successivement cette jalousie furieuse entre les ordres, vous n'avez qu'à distinguer les deux temps que je vous ai expressément marqués : l'un, oti le peuple était retenu dans certaines bornes par les périls qui l'environnaient de tous côtés ; et l'autre, où, n'ayant plus rien à craindre au dehors, il s'est abandonné sans réserve à sa passion.

Le caractère essentiel de chacun de ces deux temps est que dans l'un l'amour de la patrie et des lois retenait les esprits; et que dans l'autre tout se décidait par l'intérêt et par la force.

De là s'ensuivait encore que, dans le premier de ces deux temps, les hommes de commandement, qui aspiraient aux honneurs par les moyens légitimes, tenaient les soldats en bride et attachés à la république ; au lieu que dans l'autre temps, où la violence emportait tout, ils

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