‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 65 sur 583 · BÉNITE, y. plus haut, p. 80, n · texte numérisé non relu

BÉNITE, y. plus haut, p. 80, n

3. Bossuet suit fidèlement, en cet endroit, le récit de Josèphe. Y. Ant.jud., 1. XI, c. 8. Mais celui-ci est soupçonné d'avoir, en confondant les deux Darius (Darius Nothus ou le Bâtard, et Darius Codomani, placé à tort, dans le iv« siècle, la fondation du temple de Garizim, qui remonterait à la fin du v«.

4. Ad victorieux. L'auteur aime à se servir ainsi de l'adjectif en manière de nom ou de surnom. C'est ainsi qu'il dira plus loin, de Salomon, le pacifique. V. la remarque qui a été faite plus haut, p. 63, n. 8.

dre le secours qu'il leur demandait. Il allait à Jérusalem, résolu de se venger; mais il fut changé à la vue du souverain pontife, qui vint au-devant de lui avec les sacrificateurs révolus de leurs habits de cérémonie , et précédés de tout le peuple habillé de blanc *. On lui montra des prophéties qui prédisaient ses victoires : c'étaient celles de Daniel. Il accorda aux Juifs toutes leurs demandes, et ils lui gardèrent la même fidélité qu'ils avaient toujours gardée aux rois de Perse.

Durant ses conquêtes, Rome était aux mains avec les Samnites ses voisins, et avait une peine extrême à les réduire, malgré la valeur et la conduite ^ de Papirius Cursor, le plus illustre de ses généraux (324). Après la mort d'Alexandre, son empire fut partagé. Perdiccas, Ptolémée fils de Lagus, Antigonus, Séleucus, Lysimaque, Antipater et son fils Gassander, en un mot tous ses capitaines, nourris dans la guerre * sous un si grand conquérant, songèrent à s'en rendre maîtres par les armes : ils immolèrent à leur ambition toute la famille d'Alexandre, son frère, sa mère, ses femmes, ses enfants, et jusqu'à ses sœurs : on ne vit que des batailles sanglantes et d'effroyables révolutions. Au miUeu de tant de désordres, plusieurs peuples de l'Asie Mineure et du voisinage s'affranchirent, et formèrent les royaumes de Pont, de Bithynie et de Pergame. La bonté du pays les rendit ensuite riches et puissants. L'Arménie secoua aussi dans le même temps le joug des Macédoniens, et devint un grand royaume. Les deux Mithridate, père et fils, fondèrent celui de Cappadoce. Mais les deux plus puissantes

1. L'historien Josèphe est le seul qui rapporte l'entrée d'Alexandre en Palestine, son entrevue avec le grand prêtre, et ce qui suit. Ant.jud., XI, 8.

2. La conduite. C.-à-d., la prudence, l'habileté : s'oppose à valeur, comme, dans le latin, prudentia ou consilium, à virlus. Plus loin, XI» Epoque : <• Le royaume d'Orviède s'augmentait par les yictoires et par la condujïe d'Alphonse. » Et dans les Empires, III" partie, c. vi : • Les Romains ont triomphé du courage dans les Gaulois, du courage et de l'art

dans les Grecs, et de tout cela, soutenu de la conduite la plus raffinée, en triomphant d'Annibal. >

3. NocRRis DÀNSLAGUERaB. Eleve's dSLBS la guerre, educati, nutriti. C'est en ce sens que l'auteur a dit précédemment, de Nabuchodonosor II : « Ce prince nourri dans l'orgueil... » VII* Ep., p. 54. — « Figurez-vous le jeune Bernard nourri en homme de condition. » Panég. de S. Bernard, 1" p.— V. plus haut, p. 49, n. 2.

SUR L'HISTOIRE UMVERSELLE.

monarchies qui se soient élevées alors furent celle d'Egypte fondée par Ptolomée, fils de Lagus (823), d'où viennent les Lagides; et celle d'Asie ou de Syrie, fondée par Séleucus (312), d'où viennent les Séleucides. Celleci comprenait, outre la Syrie, ces vastes et riches provinces de la haute Asie, qui composaient l'empire des Perses : ainsi tout l'Orient reconnut la Grèce \ et en apprit le langage.

La Grèce elle-même était opprimée par les capitaines d'Alexandre. La Macédoine, son ancien royaume, qui donnait des maîtres à l'Orient, était en proie au premier venu *. Les enfants de Cas^ander se chassèrent les uns les autres de ce royaume. Pyrrhus, roi des Épirotes, qui en avait occupé une partie (296), fut chassé par Démétrius Poliorcète (294), fils d'Antigonus, qu'il chassa aussi à son tour (287) : il est lui-même chassé encore une fois par Lysimaque (280), et Lysimaque par Séleucus (282), que Ptolomée Céraunus, chassé^ d'Egypte par son père Ptolomée I, tua en traître malgré ses bienfaits (281). Ce perfide n'eut pas plutôt envahi la Macédoine, qu'il fut attaqué par les Gaulois, et périt dans un combat qu'il leur donna (279). Durant les troubles de l'Orient, ils vinrent dans l'Asie Mineure, conduits par leur roi Brennus*, et s'étabUrent dans la Gallo-Grèce ou Galatie, nommée ainsi de leur nom, d'où ils se jetèrent dans la Macédoine qu'ils ravagèrent, et firent trembler toute la Grèce (278). Mais leur armée périt dans l'entreprise sacrilège du

I.Heconkdt la Grèce. C.-à-d., se soumit a ses lois, ou du moins à son gé nie. — Au milieu de ces dùchirements, qui anéantissent l'œuvre d'Aleiandrc, liossuet u'oublie pas de remarquer un résultat durable et précieux de sa conquête : l'Orient pénétré par la Grèce, civilisé par le génie grec. — Dans uu cas différent, Bossuet a employé de la même façon le mot reconnaitre : • Les Gaules commençaient à reconnaitre les Francs. • XU Epoque.

2. Quel contraste I Ce royaume, qui donnait des maîtres à l'Orient, est maintenant en proie au premier venu. Ce

trait, d'une rare énergie, n'est que l'image vraie de la Slacédoine en ces temps malheureux. V. l'étrange déûlé d'envahisseurs auquel la phrase sui- Yante nous fait assister.

3. La répétition même du mot chasser (ce verbe revient jusqu'à cinq fois dans cette phrase), qu on pourrait regarder comme une négligence, est d'un effet utile dans cette revue au pas de course de tant d'invasions éphémères et monotones.

4. Le mot Brennus ou Drenn paraît avoir signifié, chez les Gaulois, général ou chef d'armée.

temple de Delphes. Cette nation remuait partout *, et partout elle était malheureuse.

Quelques années devant l'affaire de Delphes, h s Gaulois d'Italie, que leurs guerres continuelles et leurs victoires fréquentes rendaient la terreur des Romains, furent excités contre eux par les Samnites, les Brutiens et les Étruriens ^ Ils remportèrent d'abord une nouvelle victoire, mais ils en souillèrent la gloire en tuant des ambassadeurs. Les Romains indignés marchent contre eux, les défont, entrent dans leurs terres, où ils fondent une colonie, les battent encore deux fois, en assujettissent une partie, et réduisent l'autre à demander la paix (282).

Après que les Gaulois d'Orient eurent été chassés de la Grèce, Antigonus Gonatas, fils de Démétrius Poliorcète, qui régnait depuis douze ans dans la Grèce, mais fort peu paisible, envahit sans peine la Macédoine. Pyrrhus était occupé ailleurs. Chassé de ce royaume *, il espéra de contenter son ambition par la conquête de l'Italie (280), où il fut appelé par les Tarentins. La bataille que les Romains venaient de gagner sur eux et sur les Samnites ne leur laissait que cette ressource. Il remporta contre les Romains des victoires qui le ruinaient* (279). Les éléphants de Pyrrhus les étonnèrent*; mais le consul Fabrice fit bientôt voir aux Ro-

t. CgTTB nation remuait PAaTODT.

Voilà nos pères ; les -voilà signalés au vif et au vrai, ces infatigables coureurs d'aventures, qu'on retrouvait partout, depuis les A-lpes jusqu'au fond de l'Asie. Sur cet emploi du verbe remuer, V. p. 45, n. 3.

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