Polyb., lib. I, c. 79, 83, 88. B
î. Concevait. Pour sentir la \raie force de ce mot, il faut se reporter à l'original latin, condpere, prendre, recevoir profondément en soi .
3. Son allié. Asdrubal était gendre d'Amilcar et beau-frère d'Annibal.
4. Enflée du butin... Enfler, au sens d'enorgueillir, est fréquent chez les écrivaius du iviie siècle : mais nul n'en a fait plus souvent et plus heureu- Bcnient usage que liossuet. « Enllé de sa victoire, le superbe roi d'Assyrie entreprit de conquérir toute U terre. •
vu» Epoque, p. 53. i Annibal, enfle de ses grands succès, crut la prise de Rome trop aisée, et se relâcha. • IIl" partie, c. vi. • Ses richesses, ses hautes murailles, son peuple innombrable. .. lui enflent le cœur. • Ile p.^
c. VI.
5. Polyb., lib. II, c. 12, 22. B. La trace d'une lecture attentive de Polybe est partout dans ce récit des événements accomplis, de l'an 260 à l'an 220, en Italie, en Afrique et en Espagne.
Parfois Bossuet traduit l'historien grec en l'abrégeant.
en repos. La jeunesse qui s'était élevée * durant ce temps ne songeait plus aux pertes passées, et commençait à menacer Rome. Les Romains, pour attaquer avec sûreté de si turbulents voisins, s'assurèrent des Carthaginois. Le traité fut conclu avec Asdrubal, qui promit de ne passer point au delà de l'Èbre. La guerre entre les Romains et les Gaulois se fit avec fureur de part et d'autre ("224) : les Transalpins se joignirent aux Cisalpins : tous furent battus. Concolitanus, un des rois gaulois, fut pris dans la bataille ; Anéroestus, un autre roi, se tua lui-même. Les Romains victorieux passèrent le Pô pour la première fois, résolus d'ôter aux Gaulois les environs de ce fleuve, dont ils étaient en possession depuis tant de siècles. La victoire les suivit partout : Milan fut pris; presque tout le pays fut assujetti.
En ce temps Asdrubal mourut (221); et Annibal, quoiqu'il n'eût encore que vingt- cinq ans, fut mis à sa place. Dès lors on prévit la guerre ^. Le nouveau gouverneur entreprit ouvertement de dompter l'Espagne, sans aucun respect des traités. Rome alors écouta les plaintes de Sagonte son alliée (219). Les ambassadeurs romains vont à Carthage. Les Carthaginois rétablis * n'étaient plus d'humeur à céder. La Sicile ravie de leurs mains, la Sardaigne injustement enlevée, et le tribut augmenté, leur tenaient au cœur \ Ainsi la faction qui voulait qu'on abandonnât Annibal se trouva faible. Ce général songeait à tout. De secrètes ambassades l'avaient assuré des Gaulois d'Italie, qui, n'étant plus en état de rien entreprendre par leurs propres forces, embrassèrent cette
1. Qui s'était élevée. Qui s'était formée : quœ educla, educata fuerat. Le même sens se retrouve plus marqué dans cette phrase de laUI» partie -.«Rome savait ce qu'elle pouvait espérer de la jeunesse qui s'élevait tous les jours. » C. VI.
2. Polyb., II, 21. P. Cette explication du renouvellement de la guerre, chez les Gaulois, par celui des général ions, est empruntée presque textuellement de l'historien grec.