‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 75 sur 583 · Ceux D'ANTiocns. V. plus haut, p · texte numérisé non relu

Ceux D'ANTiocns. V. plus haut, p

riage. Balas, qui se crut au-dessus de tout, se plongea dans la débauche, et s'attira le m(^pris de tous ses sujets.

En ce temps (150), Philomélor jugea le fameux procès que les Samaritains firent aux Juifs. Ces schismatiques, toujours opposés au peuple de Dieu, ne manquaient point de se joindre à leurs ennemis; et, pour plaire à Antiochus l'Illustre, leur persécuteur, ils avaient consacré leur temple de Garizim à Jupiter Hospitalier *. Malgré cette profanation, ces impies ne laissèrent pas de soutenir quelque temps après, à Alexandrie, devant Ptolomée Philométor, que ce temple devait l'emporter sur celui de Jérusalem. Les parties contestèrent devant le roi, et s'engagèrent de part et d'autre, à peine de la vie *, à justifier leurs prétentions par les termes de la loi de Moïse *. Les Juifs gagnèrent leur cause, et les Samaritains furent punis de mort, selon la convention. Le même roi permit à Onias, de la race sacerdotale, de bâtir en Egypte le temple d'Iîéliopolis, sur le modèle de celui de Jérusalem * : entreprise qui fut condamnée par tout le conseil des Juifs, et jugée contraire à la loi.

Cependant Garthage remuait ^, et souffrait avec peine les lois que Scipion l'Africain lui avait imposées. Les Romains résolurent sa perte totale, et la troisième guerre punique fut entreprise (148).

Le jeune Démétrius Nicator, sorti de l'enfance, songeait à se rétablir sur le trône de ses ancêtres, et la mollesse de l'usurpateur lui faisait tout espérer. A son approche, Balas se troubla (146) : son beau-père Philométor se déclara contre lui, parce que Balas ne voulut pas lui laisser prendre son royaume : l'ambitieuse Clcopâtre, sa femme, le quitta pour épouser son ennemi ; et il pc-

1. n Mach., Ti, 2; Joseph., Antiq., la plus usitée aujourd'hui et la nieillib. XII, c. 7, al. 5. B. Icure. Y. Peine.

2. A PEINE DE LA VIE. Oh liii a or- 3. Joseph., Ant., lib. XIII, c. 6, donné cela sur peine, à peine, sous peine al. 3. li.

de la vie ( Dict. de l'Académ. fr. ). 4. Ibid. B.

En admettant ces trois locutions, l'A- 5. CARTaice remuait. Sur cet emploi

Cad émie recommande la dernière comme du verbe remuer. V. d, iS. n. 3.

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rit enfin de la main des siens , après la peite d'une bataille. Philométor mourut, peu de jours après , des blessures qu'il y reçut; et la Syrie fut délivrée de deux ennemis.

On vit tomber en ce même temps deux grandes villes. CarLhagefut prise et réduite en cendre par Scipion Émilicn, qui confirma par celte victoire le nom d'Africain dans sa maison, et se montra le digne héritier du grand Scipion, son aïeul *. Corinthe eut la même destinée, et la république ou la ligue des Achéens périt avec elle. Le consul Mummius ruina de fond en comble cette ville, la plus voluptueuse de la Grèce et la plus ornée. Il en transporta à Rome les incomparables * statues, sans en connaître le prix. Les Romains ignoraient les arts de la Grèce, et se contentaient de savoir la guerre ', la politique et l'agriculture.

Durant les troubles de Syrie, les Juifs se fortifièrent : Jonathas se vit recherché des deux partis, et Nicator victorieux le traita de frère. 11 en fut bientôt récompensé. Dans une sédition, les Juifs accourus le tirèrent d'entre les mains des rebelles (144). Jonathas fut comblé d'honneurs; mais quand le roi se crut assuré*, il reprit les desseins de ses ancêtres , et les Juifs furent tourmentés comme auparavant.

Les troubles de Syrie recommencèrent : Diodote , sur-

1. Bossuet, qui vient de résumer au ' 3. Et se coktemaikxt db savoir la complet les règnes de Séleucidos obs- otBauE... Ces paroles feraient un digne curs (Antiochus Eupator, Démétrius commentaire au passage célèbre de Vir- Soter, Alexandre Bala), passe un peu gile : Hœ tibi erunl ar Ces... (Baéid., yi, vite sur Scipion Emilicn et sur la troi- 850). Quelque cliose du fier sentiment sième guerre punique, événement prin- qui inspirait au poète ces mémorables cipal de cette Epoque, comme l'an- vers, a passé dans le langage de l'iiisnonce le titre même (Scipion ou Car- toricu. thn{;e vaincue). j 4. Sb crut assdhs. C.-à-d., mis en

i!. Incomparables. Cet adjectif tant sûreté, affermi, prodigué aujourd'hui, est ici le mot ;

nécessaire : il rappelle et fait ressortir .,r ,„■. ,, „, r„..i.„. .1 u i;.„„« .

, - . 11, ,, . . AliiTmis par ma morl ma lorttine et la tienne :

la naivc ignorance de ce Mummius, qui, te coup à l'un et l'autre en sera précieux,

comme on sait, disait aux ouvriers Puisqu'il Cassure en terre en m'élevant aui cieol

chargés de transporter ces chefs-d'œu- ; Corneili.e, Polyeucte. V, 5.

vrc. que, s'ils les endommageaient, ils ' r, . , . . j ■. 1,

^ .' . . , .0, , Et qui de ma faveur se voudrr.it honorer,

auraient a les réparer ou a les rempla- , gj ion hymen procbam ne peut to„s assurer ccr a leurs frais. V, Vellcius Patercu- Rachib, Iphin-, v, i.

lus, I, 13. 1

nommé Tryphon, éleva un fils de Balas qu'il nomma Antiochus le Dieu, et lui servit de tuteur pendant son bas âge. L'orgueil de Démétrius souleva les peuples : toute la Syrie était en feu (143) : Jonathas sut profiter de la conjoncture, et renouvela l'alliance avec les Romains. Tout lui succédait*, quand Tryphon, par un manquement de parole, le fit périr avec ses enfants. Son frère Simon, le plus prudent et le plus heureux des Machabces, lui succéda % et les Romains le favorisèrent, comme ils avaient fait ses prédécesseurs'. Tryphon ne fut pas moins infidèle à son pupille Antiochus qu'il l'avait été à Jonathas. 11 fit mourir cet enfant par le moyen des médecins, sous prétexte de le faire tailler de la pierre qu'il n'avait pas, et se rendit maître d'une partie du royaume. Simon prit le parti de Démétrius Nicator, roi légitime ; et, après avoir obtenu de lui la liberté de son pays, il la soutint par les armes cont^^e le rebelle Tryphon (142). Les Syriens furent chassés de la citadelle qu'ils tenaient dans Jérusalem , et ensuite de toutes les places de la Jiidéo. Ainsi les Juifs, affranchis du joug des Gentils par la valeur de Simon, accordèrent les droits royaux* à lui et à sa famille; et Démétrius Nicator consentit à ce nouvel établissement. Là commence le nouveau royaume du peuple de Dieu , et la principauté des Asmonéens toujours jointe au souverain sacerdoce.

En ces temps, l'empire des Parthes s'étendit sur la Bactrienne et sur les Indes, par les victoires de Mithridate, le plus vaillant des Arsacides (141). Pendant qu'il s'avançait vers l'Euphrate, Démétrius Nicator, appelé par les peuples de cette contrée que Mithridate venait de soumettre, espérait de réduire à l'obéissance les Par-

1. Lui succédait. Lui réussissait. Ce sens, qui répond à un de ceux du verbe latin succeiJere, a vieilli.

2. Lui succéda. Petite négligence. Le même verbe vient d'être employé trois lignes plus haut dans un sens tout différent.

3. Comme ils avaient fait sbs pnÉDÉ' CES3EURS. Idiotisme très-français, par lequel s'évite la répétition du verbe.

Cf. p. 58, n. 9.

4. Les droits rotaox. C'est le terme même qu'emploient les saints livres.

Rois, \.l, c. Tiii, ti.

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thés, que les Syriens traitaient toujours de rebelles. Il remporta plusieurs victoires ; et, prêt à retourner dans la Syrie pour y accabler Tryphon, il tomba dans un piège qu'un général deMithridatelui avait tendu : ainsi il demeura prisonnier des Parthes. Tryphon, qui se croj'ait assuré ' parle malheur de ce prince, se vit tout d'un coup abandonné des siens (Î40). Ils ne pouvaient plus souffrir son orgueil. Durant la prison de Démétrius, leur roi légitime, ils se donnèrent à sa femme Cléopâtre et à ses enfants ; mais il fallut chercher un défenseur à ces princes encore en bas âge. Ce soin regardait naturellement Antiochus Sidétès, frère de Démétrius : Cléopâtre le lit reconnaître dans tout le royaume. Elle fit plus : Phraate, frère et successeur de Mithridate, traita Nicator en roi, et lui donna sa fille Rodogune en mariage. En haine de cette rivale, Cléopâtre, à qui elle ôtait la couronne avec son mari, épousa Antiochus Sidétès, et se résolut à régner par toute sorte de crimes *. Le nouveau roi attaqua Tryphon (139) : Simon se joignit à lui dans cette entreprise; et le tyran, forcé dans toutes ses places, finit comme il le méritait. Antiochus, maître du royaume, oublia bientôt les services que Simon lui avait rendus dans cette guerre, et le fit périr (135). Pendant qu'il ramassait contre les Juifs toutes les forces de la Syrie, Jean Hyrcan, fils de Simon, succéda au pontificat de son père, et tout le peuple se soumit à lui. Il soutint le siège dans Jérusalem avec beaucoup de valeur; et la guerre qu'Antiochus méditait contre les Parthes, pour délivrer son frère captif, lui fit accorder aux Juifs des conditions supportables.

En môme temps que cette paix se conclut, les Romains, qui commençaient à être trop riches', trouvè-

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