‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 76 sur 583 · Qki SB cnoTAiT AsscBÉ. V. ci-destiis p. 103, n · texte numérisé non relu

Qki SB cnoTAiT AsscBÉ. V. ci-destiis p. 103, n

i. C'est un singulier et sanglant imbroglio qucrhistoire de cette Egyptienne mariée en Syrie. Bossuet en a exposé, ici et plus loin, les vicissitudes et les boneurs avec un détail que le sujet ne méritait guère ; à moins que le souvenir

de l'énergique création de Corneille ne l'ait intéressé aux récits de Justin et d'Appien sur ce personnage.

0. Trop ricues. Surtout, parce que cette richesse était trop inégalement répartie entre les citoyens. Les dépouilles du monde s'étaient accumulées entre les mains de quelques oisifs.

rent de redoutables ennemis dans la multitude effroyable ' de leurs esclaves. Eunus, esclave lui-même, les souleva en Sicile; et il fallut employer à les réduire toute la puissance romaine *.

Un peu après (133), la succession d'Attalus, roi de Pergame, qui fit par son testament le peuple romain son héritier, mit la division dans la ville. Les troubles des Gracques commencèrent. Le séditieux tribunat de Tibérius Graccbus, un des premiers hommes de Rome, le fit périr : tout le sénat le tua par la main de Scipion Nasica ' et ne vit que ce moyen d'empêcher la dangereuse distribution d'argent* dont cet éloquent tribun flattait le peuple. Scipion Émilien rétablissait la discipline militaire ''; et ce grand homme, qui avait détruit Carthage, ruina encore en Espagne Numance, la seconde terreur des Romains^.

Les Parthes se trouvèrent faibles contre Sidétès : ses troupes, quoique corrompues par un luxe prodigieux, eurent un succès surprenant (i32). Jean Hyrcan, qui l'avait suivi dans cette guerre avec ses Juifs, y signala sa valeur , et fit respecter la religion judaïque, lorsque l'armée s'arrêta pour lui donner le loisir de célébrer un jour de fête''. Tout cédait, et Phraate vit son empire réduit à ses anciennes limites; mais, loin de désespérer de ses affaires, il crut que son prisonnier lui servirait à les rétablir, et à envahir la Syrie. Dans cette conjoncture; Démétrius éprouva un sort bizarre. Il fut souvent relà-

I EFFnoTABLE. Ce mot a'a rien d'exa- ; 4. Là disthidution d'abcent. C'étail

^éré. Un seul patricien, Scaurus, pos- surtout des terres que Tibérius rt^cla-

sédait à lui seul 8,000 esclaves. mait pour la plèbe indifrente. Bossuot fait

2. Totis imperii viribus contra rair- mention un peu plus loin, dans le même millonem consurgitur. Florus, III, 21. chapitre, des projets de lois agraires

3. TocT LB sÉxiT LB TUA PAR LA MAIN, dout il Oublie de parler ici.

Le génie de l'écrivain jette aiu&i dans 5. La discipline militaire. Les armée»

le récit même ce que d'autres ajoute- romaines, mal commandées et corrom-

raient sous forme de réflexion ou d'ex- pues par l'habitude du pillage, avaient

pllcation. — La profondeur historique lléchi en Espagne.

se joint ici à la vivacité originale de 6. La seconde terredb. P. Scipio

l'expression. Ce coup de main d'un seul ^milianus, post bis excisos terrores rci-

homme fut, en cIlVl, l'attentat, ou le publicic. YclL Pat., H, 4.

crime, d'un corpi tout entier, et de toute I 7. Nie. Dauiasc. ap. Joseph., Ant.

ooe caste. l Ub. XUl, cap. 16, al. 8. B.

SUR L'HISTOIRE UiMVERSELLE.

elle, etaulantde fois retenu, suivant que l'espérance ou la crainte prévalaient dans l'esprit de son beau père. Enfin un moment heureux *, où Phraate ne vit de ressource que dans la diversion qu'il voulait faire en Syrie par son moyen, le mit tout à fait en liberté (130). A ce moment le sort tourna : Sidétès , qui ne pouvait soutenir ses effroyables dépenses que par des rapines insupportables, fut accablé tout d'un coup par un soulèvement général des peuples, et périt avec son armée tant de fois victorieuse.

Ce fut en vain que Phraate fit courir après Démétrius: il n'était plus temps; ce prince était rentré dans son royaume. Sa femme Cléopâtre , qui ne voulait que régner *, retourna bientôt avec lui *, et Rodogune fut oubliée.

Hyrcan profita du temps * : il prit Sichem aux Samaritains, et renversa de fond en comble le temple de Garizim, deux cents ans après qu'il avait été bâti par Sanaballat. Sa ruine n'empêcha pas les Samaritains de continuer leur culte sur cette montagne; et les deux peuples demeurèrent irréconciliables. L'année d'après , toute ridumée, unie par les victoires d'Hyrcan au royaume de Judée (129), reçut la loi de Moïse avec la circoncision. Les Romains continuèrent leur protection à Hyrcan, et lui firent rendre les villes que les Syriens lui avaient ôtées.

L'orgueil et les violences de Démétrius Nicator ne laissèrent pas la Syrie longtemps tranquille. Les peuples se révoltèrent (128). Pour entretenir leur révolte, l'Egypte ennemie leur donna un roi : ce fut Alexandre

1 . Enfin un moment bedredx. Le comique de cette situation est senti et spirituellement indiqué par le grave historien.

î. Qui N8 VOULAIT QUE RÉGNER. Ce

trait, digne de Corneille, est jeté fort à propos en cet endroit, où 1 on voit Cléopâtre immoler volontiers à son ambition ses ressentiments de femme et d'épouse.

3. Retourna bientôt avec lui. Familier, avec une nuance de trivialité : mais aussi quelles mœurs et quels personnages I

4. Profita du temps. C.-à-d., de la conjoncture, des circonstamces, tenipore. 11 est dit plus loin, dans le même sens, de Métellus Numidicus, qu'il fut « contraint de céder au temps. >

Zébina, fils de Baîas. Démétrius fut batlu; et Cléopâtre, qui crut régner plus absolument* sous ses enfants que sous son mari, le fit périr. Elle ne traita pas mieux son fils aîné Séleucus, qui voulait régner malgré elle (124). Son second fils, Antiochus appelé Grypus, avait défait les rebelles, et revenait victorieiLX : Cléopâtre lui présenta en cérémonie* la coupe empoif^rnnée, que son fils, averti de ses desseins pernicieux % lui fît avaler (120). Elle laissa en mourant une semence éternelle de divisions entre les enfants qu'elle avait eus des deux frères, Démétrius Nicator et Antiochus Sidétès. La Syrie ainsi agitée ne fut plus en état de troubler les Juifs. Jean Hyrcan prit Samarie (109), et ne put convertir les Samaritains. Cinq ans après, il mourut (107-104). La Judée demeura paisible à ses deux enfants * Aristobule et Alexandre Jannée, qui régnèrent l'un après l'autre sans être incommodés des rois de Syrie.

Les Romains laissaient ce riclie royaume se consumer par lui-même, et s'étendaient du côté de l'Occident. Durant les guerres de Démétrius Nicator et de Zébina, ils commencèrent à s'étendre au delà des Alpes; et Sextius, vainqueur des Gaulois nommés Saliens% établit dans la ville d'Aix une colonie qui porte encore son nom (123). Les Gaulois se défendaient mal. Fabius dompta les Allûbroges et tous les peuples voisins; et la même année que Grypus fit boive à sa mère le poison qu'elle lui avait préparé, la Gaule Narbonnaise, réduite en province, reçut le nom de province romaine (120). Ainsi l'empire romain s'agrandissait, et occupait peu à peu toutes les terres et toutes les mers du monde connu. Mais autant

1. llÉG.NEii PLUSABSOLUMENT. Expression naturelle, quoique peu usitée, et, au premier abord, peu couforme à l'analo;5ie : car, dans l'absolu, il n va pas de degrés. Mais il y avait dc^ Ingres flans le pouvoir absolu pourl"auil)iticuse Cléopâtre, qui ne se trouvait jamais assez mailresse.

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