‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 77 sur 583 · Saliens, ou plutôt Salyetis · texte numérisé non relu

Saliens, ou plutôt Salyetis

que la face de la république paraissait belle au dehors par les conquêtes, autant ' était-elle défigurée par l'ambition désordonnée de ses citoyens et par ses guen'es intestines. Les plus illustres des Romains devinrent les plus pernicieux* au bien public. Les deux Gracqucs, en flattant le peuple, commencèrent des divisions qui ne finirent qu'avec la république. Caïus, frère de Tibériu>, ne put souffrir qu'on eût fait mourir un si grand homme d'une manière si tragique. Animé à la vengeance par des mouvements qu'on crut inspirés par l'ombre de Tibérius ', il arma tous les citoyens les uns contre les autres ; et, à la veille de tout détruire * , il périt d'une mort semblable à celle qu'il voulait venger. L'argent faisait tout à Rome ^. Jugurtha, roi de Numidie, souillé du meurtre de ses frères, que le peuple romain protégeait, se défendit plus longtemps par ses largesses que par ses armes ; et Marins, qui acheva de le vaincre (lOG), ne put parvenir au commandement qu'en animant le peuple contre la noblesse.

Les esclaves armèrent encore une fois dans la Sicile (103), et leur seconde révolte ne coûta pas moins de

Page 1