Toute entière. Voy. sup., page 162, note
2. Rien eu de plus beau. Réflexion ingénieuse, qui nous surprend un peu, nous, mais qui devait paraître très naturelle à celui pour qui il ne faut pas oublier que ce livre a été composé. Malgré les « excellents maîtres » chargés de son instruction militaire, le grand dauphin, comme homme de gvierre, resta au-dessous du médiocre; mais, en 1681, grâce aux Louvois, aux Condé, aux Turenne, la France était la première puissance militaire de l'Europe. Bossuet, parlant au fils de Louis le Grand, a le droit de s'en souvenir ici.
3. La mettre aux mains. Image très expressive, pour dire les comparer dans un parallèle théorique et pacifique. On connaissait l'expression en venir aux mains, dérivée d'ailleurs du latin {res ad maniis venit); Bossuet la rajeunit et la transforme par un emploi tout à fait nouveau.
4. La milice romaine. L'art militaire, en général; la science de la guerre telle que la connaissaient et la pratiquaient les Romains.
5. Prendre ses avantages. Expression technique, propre à la langue militaire : c'est prendre au préalable toutes les dispositions qui doivent préparer la victoire. Cf. Saint-Evremond, Réfl. sur les Romains : « Le jour de la bataille (de Zamal,
dérer son extrême sévérité îi faire garder tous les ordres de la guerre \ a surpassé de beaucoup tout ce qui avait paru dans les siècles précédents.
Après la Macédoine, il ne faut plus vous parler de la Grèce : vous avez vu que la Macédoine y tenait le dessus *, et ainsi elle vous apprend à juger du reste. Athènes n'a plus rien produit depuis le temps d'Alexandre. Les Étoliens ^ qui se signalèrent en diverses guerres, étaient plutôt indociles que libres, et plutôt brutaux que vaillants. Lacédémone avait fait son dernier effort pour la guerre en produisant Ciéomène * ; et la ligue des Achéens, en produisant
Annibal se surpassa lui-même, soit à prendre ses avantages, soit à disposer son armée. »
i. Les ordres de la guerre. Toutes les prescriptions qui, du haut en bas de la hiérarchie militaire, incombent à chacun sous la forme de devoirs rigoureux et font que, si tous les remplissent, le général tient son armée dans la main et dispose d'une force irrésistible.
2. y tenait le dessus : avait la supériorité. Cf. Sévigné, 298 : (i Le plaisir d'avoir le dessus sur la reine, » et Rac.,PAèd.,II, 6 :
Votre frère l'emporte et Phèdre a le dessus.
3. Les Ét'jliens. L'Étolie est une contrée assez ingrate de la Grèce propre, entre l'Acarnanie à l'ouest, le Parnasse et rOEta à l'est; au nord, l'Épire et la Thessalie; enfin, au sud, le golfe d'Ambracie et la mer de Corinthe. Mais Bossuet parle sans doute ici de la ligue dont les Étoliens furent les chefs, et où entra une partie du Péloponnèse. Contre la ligue rivale des Achéens et contre la .Macédoine, ils appelèrent en Grèce les Roumains, qui n'en sortiront plus. Ils leur rendirent des services essentiels dans les deux premières guerres de Macédoine. Mais, mécontents du prix dont on avait payé leur concours et s'abusant étrangement eux-mêmes sur leur importance, ils appelèrent en Grèce le roi de Syrie, Antiochus (192), qui fut battu aux Thermopyles et les abandonna bientôt à la vengeance des Romains. Les Étoliens ont toujours mérité les reproches que Bossuet leur adresse ici : indociles, brutaux, sans foi.