Térentius Varro. Le collègue de Paul-Emile, celui par
venait de perdre par sa faute une si grande bataille, tut reçu à Rome comme s'il eût été victorieux, parce que seulement *, dans un si grand malheur, il n'avait point désespéré des affaires de la république. Le sénat l'en remercia publiquement, et dès lors on résolut, selon les anciennes maximes, de n'écouter dans ce triste état aucune proposition de paix ^ L'ennemi fut étonné ^ ; le peuple reprit cœur, et crut avoir des ressources que le sénat connaissait par sa prudence *.
En effet, cette constance du sénat, au milieu de tant de malheurs qui arrivaient coup sur coup, ne venait pas seulement d'une résolution opiniâtre ^
la témérité de qui la bataille avait été perdue, du moins à ce que dirent les Romains d'alors. Il s'échappa de la bataille et arriva à Yenouse avec 70 cavaliers environ.
1. Parce que seulement. Par la seule raison que... En efTet, il n'y en avait guère dautre. Paul-Emile ne fit rien pour éviter la mort. Varro, réfugié à Canusium, y recueillit les fuyards, et, avec tous ces débris, s'était formé une apparence d'armée consulaire d'environ dix mille hommes. Comme on croyait tout perdu à Rome, les deux consuls morts, les deux armées détruites (Tit.-Liv., XXII, o4), cette découverte fut accueillie comme une fortune inespérée.
2. Aucune proposition de paix. Un courage aussi indomptable est digne de tout éloge; mais il n'était pas nécessaire de prendre, sur une prétendue indication des livres sibyllins, un Gaulois et une Gauloise, un Grec et une Grecque, et de les enterrer vifs (Tit.-Liv., XXII, 57) dans le marché aux bœufs, à un endroit fermé par une enceinte de pierres et déjà ensanglanté par des victimes humaines.