Commerce. Échange de relations pacifiques
dedans. Ce n'était pas la coutume des Romains d'avoir des citadelles dans leurs places, ni de fortifier leurs frontières ', et je ne vois guère commencer ce soin que sous Valentinien I. Auparavant on mettait la force et la sûreté de l'empire uniquement dans les troupes, qu'on disposait de manière qu'elles se prêtaient la main les unes les autres. Au reste, comme l'ordre "^ était qu'elles campassent toujours, les villes n'en étaient point incommodées ; et la discipline ne permettait pas aux soldats de se répandre dans la campagne. Ainsi les armées romaines ne troublaient ni le commerce ni le labourage. Elles faisaient dans leur camp comme une espèce de villes, qui ne différaient des autres que parce que les travaux y étaient continuels, la discipline plus sévère , et le commandement plus ferme. Elles étaient toujours prêtes pour le moindre mouvement; et c'était assez pour tenir les peuples Mans le devoir
1. De fortifier leurs frontières. Toutes les villes, dans l'antiquité, au contraire, avaient des citadelles, quand elles n'étaient pas elles-mêmes de véritables citadelles. Quant aux frontières, non seulement elles étaient fortifiées par des camps permanents, stativa ca,?</-«, véritables forteresses dont beaucoup sont demeurées des villes ou des places de guerre de premier ordre (Bonn, Mayence, Coblentz, Worms), mais encore elles étaient reliées entre elles par d'immenses retranchements (fossé et vallum) avec des tours de distance en distance et des routes stratégiques pour les mettre en communication. Ainsi, de l'île des Bataves à l'embouchure du Danube, s'étendait une ligue fortifiée, sans préjuc.ice des llottilles nombreuses (jui stationnaient et croisaient en permanence tout le long des fleuves.
2. L'ordre. L'ordre établi, le règlement. Les légions campaient, il est vrai; mais, avec le temps (plus de quatre siècles, depuis Auguste jusqu'à la chute de l'empire), des villes véritables s'étaient formées peu à peu autour des camps retranchés.