Dans son origine. Dans les commencements du consulat
2. Les riches contre les pauvres. Nulle part, jamais, cet antagonisme ne fut plus ardent qu'à Rome et n'amena de plus graves conséquences. Les plébéiens, ruinés par la guerre, «talent obligés d'emprunter; les patriciens leur prêtaient, mais à des taux usuraires, qui ne faisaient qu'aggraver leur situation. Or, la loi des XII Tables était impiloyable envers les débiteurs insolvables. A la troisième nondine jour de marché), s'ils ne s'étaient procuré n'importe comment de quoi payer leurs dettes, le juge les attribuait par sentence à leur créancier, dont ils devenaient les esclaves, nexi (hommes libres devenus esclaves pour dettes); si les créanciers étaient plusieurs, ils pouvaient couper en morceaux [partes secanto — textuel dans la loi des XII Tables) le corps du débiteur, et se le partager au prorata de leur créance. Tant de barbarie devait amener des révoltes et dos sécessions.
3. Au mont Aventin. Les plébéiens se retirèrent, partie sur le mont Aventin, partie sur le mont Sacré, décidés à n'avoir plus jamais rien de commun avec leurs oppresseurs, 493.
4. Le peuple romain. Non pas le peuple, poj9M/«5, mais la plèbe : toujours même confusion.
o. Des voies légitimes. Des moyens légaux, réguliers, permanents, auxquels on put recourir de plein droit. 6. Dion. Hal., lib. VII, c. YIU et seq. B.
On fut contraint de lui accorder des magistrats particuliers, appelés tribuns du peuple, qui pussent l'assembler et le secourir contre l'autorité des consuls, par opposition ou par appel '.
Ces magistrats, pour s'autoriser % nourrissaient la division entre les deux ordres, et ne cessaient de flatter le peuple, en proposant que les terres des pays vaincus ^, ou le prix qui proviendrait de leur vente, fût partagé entre les citoyens.
Le sénat s'opposait toujours constamment * à ces
1. Par opposition ou par appel. Les tribuns n'avaient pas de juridiction effective, pas d'imperium; leur pouvoir d'agir était nul. Mais leur potestas, quand ils voulaient intercéder et opposer leur veto, arrêtait court toutes les parties du mécanisme gouvernemental, même la confection des lois, à plus forte raison li-ur application. Quant à l'appel, provocatio, cette arme redoutable, jadis il était porté devant les centuries; mais, depuis l'institution tribunicienne, la cause était toujours déférée aux comices plébéiens.
2. Pour s'autoriser. Pour se donner de l'autorité, pour accroître leur importance.
3. Les terres des pays vaincus. Il faut que Bossuet connaisse bien mal la question pour prendre ici le parti des nobles. La question est pourtant extrêmement simple. Après chaque victoire, le peuple romain confisquait, au profit de ïager putjlicus, une partie du territoire conquis. Uacjer, sans cesse accru, devint immeuso, dans l'Italie d'abord, puis dans le monde entier. Qu'en faire? On y établissait quelquefois des colonies. Plus souvent ou le cédait à bail emphytéotique pour un temps très long ou même indéfini, moyennant redevance, à dos particuliers, toujours des patriciens. Ceux-ci le gardaient, le modifiaient, s'affranchissaient de la redevance, et, au bout de plusieurs générations, étaient devenus des propriétaires en fait, mais sans titres. Presque toutes les bonnes terres du domaine italien étaient ainsi occupées par les patriciens. En droit, en équité naturelle, à quelque point de vue que l'on se place, les tribuns de la plèbe ne faisaient donc rien d'excessif en demandant que les plébéiens eussent leur part à la curée, autrement dit que ce qui appartenait à tous profittàt à tous.