‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 21 sur 153 · Diod., lib. I, sect. 2, n. 26. B · texte numérisé non relu

Diod., lib. I, sect. 2, n. 26. B

3. Les plus honnêtes gens. Les gens distingués' soit par leur naissance, soit par leur situation, soit par leur mérite personnel; autrement dit, l'élite de la société. Sens très usité au XMi« siècle. Cf. La Rochef., Réflexions, 353 : « Un honnête homme peut être amoureux comme un fou, mais non pas comme un sot. » — Descartes, Méth., I, 17 : « La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs. >■

4. Faire un métier de la Justice. En disant ce que les juges égyptiens ne faisaient pas, il est certain que Bossuel fait indireclement le procès à la magistrature de son temps et de son pays. Quelque douze ans auparavant, 1668, Racine, dans les Plaideurs, avait cruellement mis en scène la vénalité des Perrin Dandin.

blée. On y craignait la fausse éloquence ' , qui éblouit les esprits et émeut les passions. La vérité ne pouvait être expliquée d'une manière trop sèche -. Le président du sénat portait un collier d'or et de pierres précieuses, d'où pendait une figure sans yeux qu'on appelait la Vérité. Quand il la prenait, c'était le signal pour commencer la séance. Il l'appliquait au parti qui devait gagner sa cause, et c'était la forme de prononcer ' les sentences. Un des plus beaux artifices ^ des Égyptiens pour conserver leurs anciennes maximes était de les revêtir de certaines cérémonies ^ qui les imprimaient dans les

1. La fausse éloquence. La vraie éloquence, pour Bossuet, n'est pas celle qui ne vise qu'au succès sans se préoccuper des moyens qu'elle emploie pour l'alteindre, comme faisaient jadis les sophistes. Pour Bossuet comme pour Fénelon, « l'homme vraiment digne d'être écouté est celui ijui ne se sert de la parole que pour la pensée, et de la pensée que pour la vérité et pour la vertu. »

2. Sèdie. Brève, sans développements oiseux; la vérité sans phrase.

3. La forme de pronojicer. Cette construction, qui a sa source dans le latin, est employée très fréquemment par Bossuet dans une foule de locutions que l'usage n'a pas toutes ratifiées, mais qui sont conformes à la saine analogie.

4. Artifices. En bonne part : procédé habile, industrieuse combinaison de moyens, comme le latin artificium. Cf. Mass., Car., Vér. de la religion : « Démêlez, si vous pouvez, l'artifice infini qui entre dans la formation des insectes. » — Boil., du Subi., 13 : « Les images sont aussi d'un grand artifice pour donner du poids au discours. »

0. Certaines cérémonies. Daus sa généralité, l'expression embrasse ici toutes les formes extérieures, tout le symbolisme inventé par les prêtres égyptiens pour rendre plus sensibles les idées religieuses et morales. Le peuple, en effet, n'entend rien aux formules abstraites : il vit surtout par les sens ; et la religion égyptienne lui a donné sous ce rapport d'étranges satisfactions. — <■ Les Égyptiens, dit Maspero,

esprits. Ces cérémonies s'observaient avec réflexion, et l'humeur sérieuse des Égyptiens ne permettait pas qu'elles tournassent en simples formules. Ceux qui n'avaient point d'affaires ', et dont la vie était innocente, pouvaient éviter l'examen de ce sévère tribunal. Mais il y avait en Egypte une espèce de jugement tout à fait extraordinaire, dont personne n'échappait 2. C'est une consolation en mourant de laisser son nom en estime parmi les hommes, et de tous les biens humains c'est le seul que la mort ne nous peut ravir . Mais il n'était pas permis en Egypte de louer indifféremment tous les morts =" : il fallait avoir cet honneur par un jugement public *. Aussitôt qu'un homme était mort, on l'amenait en jugement. L'accusateur public était écouté. S'il prouvait que la conduite du mort eût été ^ mauvaise, on en « condamnait la mémoire, et il était privé de

étaient un peuple dévot : ils voyaient Dieu partout dans I univers, ils vivaient en lui et pour lui. »

1. Point cVafTahes. Qui n'étaient l'objet d'aucune accusaion Le mot est encore aujourd'hui susceptible de cette signi-

lication : affaire criminelle.

2. Dont personne n^ échappait. Échapper de est beaucoup plus logique plus conforme à l'étymoiojïie, partant ph.. français que échapper à. De est la vraie préposition pour marquerl eloignement : A, en pareil cas, est un abus de langage et ne peut qu'engendrer la confusion.

■•i. Tous les 7norls. Dilîérence essentielle avec l'oraison funèbre, ou a excellé Bossuet, et dont le bénéfice s'étendait mprifp"!i^. "" ^ naissance, quels que fussent dailleurs le mente et la valeur de la personne.

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