Diod., lib. I, sect. 2, n. 26. B
d'un^cn^ tîf;."' "*^" a^' "T^ ''^'' P"'"^^ ^"''ï s'^f^'t '•^i. non son? hÏ ' "''"' ^ ""' hypothèse. Le latin et le français sont d accord sur ce point de svntaxe.
r-.t^tf^''^ prônons en, y s'appliquent surtout aux choses, rarement aux personnes. Telle est la règle dominante aujour-
sépulture *. Le peuple admirait le pouvoir des lois, qui s'étendait jusqu'après la mort ; et chacun, touché de l'exemple, craignait de déshonorer sa mémoire et sa famille. Que si le mort n'était convaincu d'aucune faute, on l'ensevelissait honorablement ^ : on faisait son panégyrique, mais sans y rien mêler de sa naissance. Toute l'Egypte était noble, et d'ailleurs on n'y goûtait de louanges que celles qu'on s'attirait par son mérite ^ Chacun sait combien curieusement * les Égy-
d'hiii. Mais, au xvu« siècle, ces pronoms s'emploient indifféremment dans l'un et l'autre cas.
1. Sépulture. Le culte des morts tient une place considérable dans les institutions des Égyptiens, comme l'attestent les nécropoles découvertes dans notre siècle, avec leurs innombrables inscriptions funéraires; comme l'atteste aussi le soin apporté à l'embaumement des cadavres. Quant à l'âme, allégée du corps qui l'accablait, elle comparaît seule devant le tribunal où Osiris Khent-Ament siège entouré des 42 membres du jury infernal.
2. On V ensevelissait honorablement . Hérodote (liv.II, 86) nous a conservé les différents procédés employés par les Egyptiens pour embaumer les corps. L'embaumement parfait ne durait pas moins de 70 jours. Le corps, passé au vin de palmier, macéré dans toutes sortes de parfums, la myrrhe pure, le natre, le sel, la cannelle, est enveloppé entièrement de bandes de toile, enduites de gomme arabique, commi. Le corps est ensuite enfermé dans un étui en bois, fait sur mesure, déposé dans une salle spéciale et placé droit contre le mur.
3. Par son mérite. Quelques éloges que mérite la civilisation égyptienne, Bossuet la voit trop ici à travers son imagination. Tout ':ela est trop beau. Et puis que signifie : toute l'Egypte était noble, dans un pays fondé sur l'inégalité, et où, à cùté d'une minorité privilégiée, végétaient dans la misère les neuf dixièmes peut-être de la nation ? Les malheureux fellahs qui ont creusé le lac Mœris, construit les pyramides, taillé les obélisques, les pylônes et les sphinx dans les carrières de la haute Egypte, protestent contre le tableau séduisant de Bossuet.
4. Curieusement. Dans le sens du \a,\.m cnriose, avec soin. Rac. cura.
ptiens conservaient les corps morts'. Leurs momies se voient encore. Ainsi leur reconnaissance envers leurs parents était immortelle : les enfants, en voyant les corps de leurs ancêtres, se souvenaient de leurs vertus que le public avaient reconnues, et s'excitaient à aimer les lois qu'ils leur avaient laissées ^.
Pour empêcher ' les emprunts, d'où naissent la fainéantise, les fraudes et la chicane, l'ordonnance du roi Asychis * ne permettait d'emprunter qu'à
1. Les corps itiorts . L'embaumement que nous décrivons plus haut était spécial aux classes riches et privilégiées. 11 y avait ensuite Tembaumement moyen, déjà plus sommaire. Enfin un troisième embaumement, pour les pauvres, de sorte que nul n'était exclu du bénéfice de la conservation. Ce dernier consistait à injecter le corps avec la liqueur nommée siirmaïa, et à mettre le corps macérer dans le natre pendant 70 jours.
2. Qu'ils leur avaient laissées. Ce culte des morts n'est pas spécial à l'Egypte. Les Grecs, les Italiens, les Hindous, tous les Aryas l'ont connu et pratiqué religieusement. Les morts passaient pour des êtres sacrés. « Nos ancêtres, dit Cicéron {De leg., Il, 22), ont voulu que les hommes qui avaient quitté celte vie fussent comptés au nombre des dieux. • Dans Eschyle, uii fils invoque ainsi son père mort : « 0 toi, qui es un dieu sous la terre. » Les hymmes du Rig-Véda, le Livre des lois de Manou témoignent de Timportance de ce culte. Mais nulle parties Égyptiens n'ont été devancés ni surpassés pour le respect des morts. Ce qu'on découvre et voit le plus aujourd'hui en Egypte, ce sont des tombeaux et des inscriptions funéraires. V., sur ce sujet, Fustel de Coulanges, la Cité antique, ch. n.
3. Empêcher. Non pas prohiber, mais rendre difficile, gêner, comme le latin impedire.
4. .Asychis, Sasichys, ou plutôt de son vrai nom Ases-ka-\v, roi de la quatrième dynastie. C'est lui qui éleva dans le temple de Phtah, à .Memphis, le portique méridional, le plus grand et le plus beau. .\u dire de Diodore (I, 9i), il aurait été un des cinq grands législateurs de TÉgypte : il aurait réglé avec le plus grand soin les cérémonies du culte, inventé la
condition d'engager le corps de son père à celui dont ' on empruntait. C'était une impiété et une infamie tout ensemble de ne pas retirer assez promptement un gage si précieux ; et celui qui mourait sans s'être acquitté de ce devoir était privé de la sépulture.
Le royaume était héréditaire ; mais les rois étaient obligés plus que tous les autres à vivre selon les lois. Ils en avaient de particulières qu'un roi avait digérées *, et qui faisaient une partie des livres sacrés ^. Ce n'est pas qu'on disputât rien aux rois ou que personne eût droit de les contraindre; au contraire, on les respectait comme des dieux * : mais c'est qu'une coutume ancienne avait tout réglé, et qu'ils ne s'avisaient pas de vivre autrement que leurs ancêtres. Ainsi ils souffraient sans peine non seulement que la qualité des viandes et la mesure du boire et du manger leur fût mar-
géométrie et l'art d'observer les astres. La quatrième dynastie régnait, selon Beckh, de 4933 à 3650 avant J.-C, et, selon Mariette, de 4233 à 3931.
i. A celui dont. Sur cette construction, voy. sup., page 39, note 2.
2. Avait digérées. Du latin digerere, répartir, mettre en ordre. Cette expression n'a guère été employée dans ce sens que par Bossuet, qui a dit (Hist. univ.,}, 4) : « L'histoire qu'il (Moïse) avait digérée dès l'origine du monde; • et plus bas (III, ch. vu) : « Le sénat devait digérer toutes les affaires. » Digeste est la traduction littérale du grand recueil législatif composé sous Justinien, et appelé Digestum.