‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 32 sur 153 · Les obélisques. Les empereurs romains n'avaient pas · texte numérisé non relu

Les obélisques. Les empereurs romains n'avaient pas

aujourdMiui, autant par leur beauté que par leur hauteur, le principal ornement de Rome, et la puissance romaine, désespérant d'égaler les Égyptiens, a cru faire assez pour sa grandeur d'emprunter ' les monuments de leurs rois.

L'Egypte n'avait point encore vu de grands édifices, que la tour de Babel ■^, quand elle imagina ses pyramides % qui, par leur figure autant que par

transporté r"i Rome moins de douze de ces admirables ruonolitlies. Le temps et les Barbares les avaient renversés : les papes les ont relevés. Aujourd'hui, ils sont, en effet, un des ornements de la capitale de l'Italie. Celui qui se dresse à Paris, sur la place de la Concorde, provient de Thèbes (Louqsor), oi'i il décorait un temple d'Amenhotep III.

i. Emprunter. Les Romains ont assez fait en architecture, et surtout ils ont fait assez grand, pour que le transport des obélisques égyptiens dans leur capitale comporte une autre explication que celle de Bossuet, à savoir le désespoir d'égaler les Égyptiens. Les Romains appliquaient là un système général. Vainqueurs des nations, ils s'enrichissaient de leurs dépouilles, jure belli. Leur ville, leurs temples, les palais particuliers regorgeaient d'œuvres d'art qu'ils avaient prises partout chez les vaincus, surtout chez les Grecs. Il faut croire que cette tendance à collectionner les richesses artistiques des autres est conforme à la nature humaiue, si l'on en juge par les musées de Paris, de Londres, de Berh'n.

2. Babel. 11 règne une grande incertitude au sujet de cette soi-disant tour de Babel; et la légende biblique (Genèse, XI, 1-9) n'est que l'écho d'une tradition orientale, limitée à la vallée de l'Euphrate et étrangère aux races aryenne et touranienne. Quoi qu'il en soit, il existait dans Babylone (Bab- Ilou : porte du Dieu Hou) une tour, décrite par Hérodote (1, 181), formée de sept terrasses superposées, si bien qne l'édifice présentait l'aspect d'une vaste pyramide à gradins. Par le dehors, des degrés circulaires permettaient de monter d'étages en étages. Dans la tour supérieure était une grande chapelle ; dans cette chapelle, un grand lit bien garni, et près de ce lit une table d'or. Point de statues. Le lieu est consacré à Jupiter Belus, dit Hérodote, qui le tenait des Chaldéens, prêtres de ce dieu.

Page 1