Hérod., lib. II, c. 1.36, B
2. Par son titre. Dans le sens étymologique du latin (ituhis. qui signifie inscription en général, surtout à partir de la période d'Auguste. Cf. liv. 28, 46 : « Aram condidit dedicavitque cum ingenti rerum ah se gestarifln titulo, » avec une longue inscription relatant ses faits et gestes.
3. De la comparer. Sur sa pyramide en briques, Ases-ka-\v Gt graver l'inscription suivante : «Ne me méprise pas à cause des pyramides de pierre : je l'emporte sur elles autant que Jupiter sur les autres dieux; car, plongeant une pièce de bois dans un marais et réunissant ce qui s'y attachait d'argile, on a fait la brique dont j'ai été construite. » Voy. Hérod-, II, 136.
i. Jupiter. Hérodote (loc. cit.) dit eu effet : ôtov ô ZïO; twv à/./.wv ^tùyi. Hérodote donne le nom du plus grand des dieux grecs au plus grand des dieux des Egyptiens, probablement Ammon-Rlià, et Bossuet traduit par « Jupiter ». C'était la coutume des Grecs et des Romains de traduire les noms des divinités étrangères par des équivalents empruntés à leur propre religion.
o. Hérod., lib. II, c. 136; Diod., lib. I, sect. 2, n. 15, 16, 17. B. — Outre les grandes pyramides, il y en avait une foule de plus petites, qui étaient aussi des tombeaux. Elles étaient en nombre si considérable, quelles formaient, en maint endroit, des villes funéraires plus étendues que la ville des vivants. .\ Gizeh, elles sont disposées sur un plan symétri<pie; à Saqqarah, elles sont semées en désordre à la surface du plateau.
6. Ils n'ont pas joui de leur sépulcre. Inutile de faire res-
Je ne parlerais pas de ce beau palais qu'on appelait le Labyrinthe \ si Hérodote, qui l'a vu, ne nous assurait qu'il était plus surprenant que les pyramides *. On l'avait bâti sur le bord du lac de Myris, et on lui avait donné une vue ^ proportionnée à sa grandeur. Au reste, ce n'était pas tant un seul palais qu'un magnifique amas de douze palais disposés régulièrement et qui communiquaient ensemble. Quinze cents chambres mêlées de terrasses s'arrangeaient autour de douze salles, et ne laissaient point de sortie à ceux qui s'engageaient à les
sortir lironie spirituelle de l'expression. — Les tombes modestes, les hypogées des particuliers, mieux protégées contre la rapacité des envahisseurs de l'Egypte, sont pour la science moderne une mine inépuisable d'instruction. Les tombes royales, au contraire, les édifices publics ont été généralement maltraités. Ainsi, des trcfis grandes pyramides de Gizeh, celle de Mjxerinos seule renfermait le sarcophage du roi défunt. Ceux de Khéops et de Khéphren n'ont pas été retrouvés.
1. Le Lalifrinlhe. Hérod., lib. II, c. 148; Diod., lib. II, sect. 2, n. 13. B. — Résidence royale d'Amenemlial III, de la xii" dynastie diospolitaine; non loin du lac Mœris. Le palais devint le tombeau de son fondateur, puis temple, sous le nom de Lope-ro-hount. ou temple à l'entrée du lac. Le mot égyptien, traduit phonétiquement, a donné en grec Xagup-.v- 6o;, en latin labyrinthus. en français labyrinthe. C'était un vaste massif quadrangulaire, de 200 mètres de long sur 170 de large, ftartie en calcaire blanc comme le marbre de Paros, partie en granit.
2. Plus surprenant que les pyramides. « J'ai vu le Labyrintiie, dit Hérodote (II, 148), et je l'ai trouvé encore plus grand que sa renommée. On rassemblerait tous les édifices et toutes les constructions des Grecs (|u'on les trouverait inférieures, comme travail et comme coùi, à ce labyrinthe; et pourtant le temple d'Éphèse est remarquable, aussi celui de Samos. »
3. Oie rue. C'est-à-dire une perspective, des horizons; on disait en latin prospectum.
visiter '. Il y avait autant de bâtiments par-dessous terre. Ces bâtiments souterrains étaient destinés à la sépulture des rois, et encore (qui le pourrait dire sans honte et sans déplorer l'aveuglement de l'esprit humain ?) à nourrir - les crocodiles sacrés, dont une nation, d'ailleurs si sage, taisait ses dieux '.
i. Qui s'engrigeaif'nt à les vititer. Expression conforme à l'étymologie : du bas-latin invadiare {in, vadere); d'où le sens qu'elle a ici : entreprendre de.
2. À nourrir. Au dire d'Hérodote, que Bossuet ici outrepasse un peu, on enterrait les crocodiles sacrés dans les appartements souterrains du Labyrinthe ; mais on ne les y nourrissait pas : ils étaient mieux logés. Les prêtres de Çrocodolipolis (l'ancienne Shed) en choisissaient un superbe qu'ils nourrissaient après lui avoir appris à manger dans la main. Ils lui mettent aux oreilles des anneaux d'or ou de terre éuiaillée, et des bracelets aux pattes de devant (Hérod.. II, 69). Strabon, de son côté, complète ces renseignements (XVII, 1) : « Notre hôte prit des gâteaux, du poisson grillé et une boisson préparée avec du miel, puis alla vers le lac avec nous. La bête était couchée sur le bord : les prêtres vinrent auprès d'elle; deux d'entre eux lui ouvrirent la gueule; un troisième y introduisit d'abord les gâteaux, ensuite la friture, enfin la boisson. Sur quoi le crocodile se mit à l'eau et s'alla poser sur l'autre rive. Un autre étranger étant survenu avec pareille offrande, les prêtres la prirent, firent le tour du lac ut, après avoir atteint le crocodile, lui donnèrent l'offrande de la même manière. »
3. Faisait ses dieux. Il y a ici une exagération. Sans aucun doute, l'Egypte rendait à certains animaux une sorte de culte, mais elle ne les adorait pas dans le sens que nous attachons aujourd'hui au mot adorer. Le christianisme a embrouillé sur ce point un peu toutes les notions, pour avoir plus facilement raison de son adversaire, le polythéisme. En ce qui concerne les Égyptiens, voici, d'après M. -Maspero, l'exacte vérité :
Les Egyptiens étaient un peuple dévot : soit tendance naturelle, soit effet de l'éducation, ils voyaient Dieu partout dans l'univers; ils vivaient en lui et pour lui. En principe, ce Dieu était un être unique, parfait, doué d'une science et d'une intelligence certaines, incompréhensible. 11 est le « un
Vous vous étonnez de voir tant de magnificence dans les sépulcres de l'Egypte. C'est qu'outre qu'on les érigeait comme des monuments sacrés pour porter aux siècles futurs la mémoire des grands princes, on les regardait encore comme des demeures éternelles *. Les maisons étaient appelées des hôtelleries, où l'on n'était qu'en passant, et jDendant une vie trop courte pour terminer - tous nos desseins : mais les maisons véritables étaient les tombeaux, que nous devions habiter durant des siècles infinis '.
Au reste, ce n'était pas sur les choses inanimées
unique, celui qui existe par essence, le seul qui vive en substance, le seul générateur dans le ciel et sur la terre qui ne soit pas engendré, le père des pères, la mère des mères. » Impossible de se faire une idée plus haute de la divinité.
Seulement, en fait, ce Dieu unique se réalisait dans d'innombrables manifestations sensibles, alTectait toutes les forces de la nature. Voilà comment tout devint dieu : l'esprit, le bien, le mal, le soleil, l'eau, le feu. De là toutes les incarnations de la divinité en une foule d'animaux sacrés : le bœuf Mnévis, l'oiseau Benuou, le Phénix à Héliopolis: le bouc de Mendès et le bœuf Ilapi à Memphis (l'un était l'ùme d'Osiris, l'autre l'âme de Rhà.. L'ibis, l'épervier, le vanneau, le vautour, le crocodile, le scarabée et une foule d'autres avaient leur culte. Il est évident que le vulgaire grossier et ignorant ne s'élevait guère au-dessus de ces réalisations matérielles; mais il n'en était pas nécessairement ainsi pour les lettres. ni pour les cla'sses éclairées.