Sabacon. Voy. sup., page 83, notes 1 et
6. Tharaca. Le dernier roi de la dynastie éthiopienne en Egypte. Voy. sup., page 28, note 2.
l'Egypte tirait cette utilité de l'excellente constitution de son Etat, que les étrangers qui la conquéraient entraient dans ses mœurs plutôt que d'y introduire les leurs ' : ainsi, changeant de maîtres, elle ne changeait pas de gouvernement. Elle eut peine à souffrir les Perses % dont elle voulut souvent secouer le joug. Mais elle n'était pas assez belliqueuse pour se soutenir par sa propre force contre une si grande puissance; et les Grecs qui la défendaient ^, occupés ailleurs, étaient contraints de l'abandonner ; de sorte qu'elle retombait toujours sous ses premiers maîtres *, mais toujours opiniû-
1. Plutôt que d'y introduire les leurs. Le fond de la population égyptienne, la masse du peuple, composée en grande partie des classes inférieures, les fellahs, ont gardé leur originalité, et aucune domination étrangère, pas même celle des Arabes, n'a pu altérer celte nationalité. Il n'y a eu, il n'y a aucune fusion entre les aborigènes et les nouveaux venus, tant est profonde et incompatible la diversité des races.
2. Les Perses. De tons les dominateurs étrangers, il n'en est point dont les Égyptiens aient supporté plus impatiemment le joug que celui des Perses. Le souvenir du brutal Cambyse y contribua beaucoup. L'administration des satrapes était ruineuse et l'Egypte était obligée, par surcroit, de nourrir les 120 000 hommes qui l'occupaient militairement. Delà les nombreuses révoltes. Sous Darius, en 4S6, les Égyptiens chassent les Perses, et proclament roi Khabasch, qui descendait probablement de la famille de Psamélik. En 463, à la faveur du désordre général, le prince de Marea (Inaros), fils d'un PsamétiU, se soulève et entraîne à sa suite tous les chefs des nômes du Delta. Cette révolte fut encore écrasée; mais, à partir de cette époque, les troubles sont continuels, jusqu'à ce que, en 399, avec Naïwàouroud (Néphéritës). fondateur de la xxix" dynastie, l'Egypte rentra pour quelque temps en possession d'elle-même.
3. Les Grecs qui la défendaient. Il était tout naturel que les Grecs, dans leur duel avec le grand roi, fissent cause commune avec les Égyptiens, et c'est en effet avec leur concours que ceux-ci purent s'affranchir.