‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 58 sur 153 · Just., lib. I, cap. i ; Diod., lib. II, cap. vni. B · texte numérisé non relu

Just., lib. I, cap. i ; Diod., lib. II, cap. vni. B

6. Ceux qui la flattent le plus. Expression étrange, et qui n'appartient guère à la langue sévère de la critique historique. De même, plus bas, « Justin..., qui le (Niuus) favorise autant qu'il peut ». Nous nageons en pleine fantaisie historique.

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ce côté-là. Elle avait eu trop de part aux conseils et aux victoires de Ninus pour ne pas suivre ses desseins si convenables d'ailleurs à la situation de son empire, et je ne crois pas qu'on puisse douter que Ninus ne se soit attaché à l'Orient, puisque Justin même, qui le favorise autant qu'il peut, lui fait terminer aux frontières de la Libye les entreprises qu'il fit du côté de l'Occident '.

Je ne sais donc plus ^ en quel temps Ninive aurait poussé ses conquêtes jusqu'à Troie, puisqu'on voit si peu d'apparence que Ninus et Sémiramis aient rien entrepris de semblable, et que tous leurs successeurs, à commencer depuis leur fils Ninyas ^, ont vécu dans une telle mollesse et avec si peu d'action, qu'à peine leur nom est-il venu jusqu'à nous, et qu'il faut plutôt s'étonner que leur empire ait pu subsister que de croire qu'il ait pu s'étendre \

1. Du côté de l'Occident. Tout cela est d'un vatçue désespérant et ne repose absolument sur rien. Pour atteindre la Libye, Ninus avait dû supprimer l'Egypte, ce qu'il n'a certainement pas fait. Et puis, en quoi cela prouve-t-il, comme le dit Bossuet, que Ninus se soit « attaché à l'Orient »? Or n'oublions pas que l'existence de Ninus est plus que problématique.

2. Je ne sais donc plus. Alors Bossuet est comme les autres; mais pourquoi donc s'obstine-t-il à parler de cette époque préhistorique, oîi aujourd'hui encore nous ne sommes guidés par aucun monument? Les Diodore et les Justin n'en savaient pas plus long que Bossuet; c'est à peine si aujourd'hui, avec les monuments, il a été possible de dresser une liste passable des premières dynasties assyriennes avant le x« siècle. Voy. Maspero, Hist. anc, p. 285.

3. Nim/as. Aussi fabuleux que ses père et mère, naturellement. Sémiramis — toujours d'après la légende — ayant appris que son fils Ninyas conspirait contre elle, abdiqua en sa faveur et se changea en colombe.

4. Qu'il ait pu s'étendre. Les traditions classiques, dit Mas-

Il fut sans doute beaucoup diminué par les conquêtes de Sésostris ' ; mais comme elles furent de peu de durée, et peu soutenues par ses successeurs, il est à croire que les pays qu'elles enlevèrent aux Assyriens, accoutumés dès longtemps à leur domination, y retournèrent naturellement : de sorte que cet empire se maintint en grande puissance et en grande paix, jusqu'à ce qu'Arbace ayant découvert la mollesse de ses rois *, si longtemps cachée dans le secret du palais, Sardanapale, célèbre par ses infamies ', devint non seulement méprisable, mais encore insupportable à ses sujets.

pero (p. 262}, ignorant le nom des grands princes du siècle précédent, les remplaçaient par une lignée de rois fainéants, issus de Ninos et île Sémiramis.

1. Sésostris. A cinq ou six cents ans près! Du reste, il est difficile d'indiquer dans quelle mesure Bossuet viole la chronologie, puisiju'il ne risque pas même une date pour TAssyrie. En ce qui concerne Sésostris Ramsès 11, de la xix^ dynastie), on a vu plus haut qu'il l'a rajeuni d'environ quatre siècles.

2. Ayant découvert la mollesse de ses 7'ois. Bossuet suit ici Ctésias, mais il n'a pas la main heureuse. Il est certain aujourd'hui que la première destruction deNinive est un roman historique. Ctésias imagine 'la révolte d'Arbakès, la prise de Ninive et la fondation d'un grand empire uiède qui se prolongea sans interruption jusqu'à Cyrus. Les noms de ces prétendus rois manquaient ainsi que les années de leurs règnes : il créa de toutes pièces une dynastie. Les monuments assyriens nous ont donné la preuve de cette fraude. Volney a même découvert la méthode dont Ctésias s'est servi pour fabriquer sa dynastie. Voy. Maspero, Hist. anc., p. -362 et 438.

3. Sardanapale, célèbre par ses infamies. Autre légende. Mais, même en prenant au mot Ctésias, Sardauapale ne mérite

.pas le sarcasme de Bossuet. Deux vassaux, Arbakès le Mède et Belesis de Babylone, se révoltent. Le monarque se meta la tète de ses troupes, bat les rebelles et allait les réduire, quand ses Bactriens font défection et passent à l'ennemi. Sardanapale s'enferme dans ^sinive et y résiste deux ans. Un débordement du Tigre livra passage à l'ennemi; alors, pour

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Vous avez vu les royaumes qui sont sortis du débris ^ de ce premier empire des Assyriens, entre autres celui de Ninive et celui de Babylone ^ Les rois de Ninive retinrent le nom des rois d'Assyrie, et furent les plus puissants. Leur orgueil s'éleva bientôt au delà de toutes bornes par les conquêtes qu'ils firent, parmi lesquelles on compte celle du royaume des Israélites ou de Samarie ^. Il ne fallut rien moins que la main de Dieu, et un miracle visible, pour les empêcher d'accabler la Judée sous Ézéchias ^, et on ne sut plus quelles bornes on pourrie pas tomber vivant aux mains de ses sujets rebelles, le roi se brûla dans son palais avec ses trésors et ses femmes. Voy. Maspero, Hist. anc, p. 362.

1. Débris, reste d'une chose brisée, s'emploie, au xvii« siècle, aussi bien au singulier qu'au pluriel. Cf. Lafont., Phil. et Daucis :

Du débris d'un vieux vase, autre injure des ans.

Rac, Iphig., IV, iv :

Quel débris parle ici de votre résistance?

2. Celui de Ninive et celui de Babylone. Bossuct, ici encore, semble croire que la puissance de l'Assyrie précéda celle de la Chaldée. Le contraire parait mieux établi. Il y eut des alternatives dans la prééminence ; mais Babylone semble avoir commencé, s'il est vrai que le premier empire cbaldéen fut détruit environ vingt-trois siècles avant notre ère. Voy. Maspero, p. 27o, seq.

3. Samarie. Le dernier roi de la seconde dynastie assyrienne, Salman-asar V (126-'/21) vint assiéger Samarie qui résista vaillamment. Salman-asar V étant mort sans enfants, l'un des grands officiers de la couronne, Saryoukin (Sargou) lui succéda, et se porta de sa personne au camp devant Samarie, qui tenait encore. Éi)uisée par deux ans de lutte, la place fut prise et pillée, et toute la population emmenée en captivité, « à Kalakh et sur le Khabour, sur le fleuve Gozom et dans les villes des Mèdes » : 27 280 âmes, au témoignage de Saryoukin lui-même. (Oppert, Inscriptions du palais de Khorsabad.)

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