‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 4)Chapitre 7 sur 153 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES RÉVOLUTIONS DES EMPIRES SONT RÉGLÉES PAR LA PROVIDENCE, ET SERVENT A UUMILIER LES PRINCES

Quoiqu'il n'y ait rien de comparable à cette suite de la ^Taie Église que je vous ai représentée % la

1. Transition, pour rattacher cette troisième partie aux deux précédentes, qui n'ont et ne sauraient avoir rien de classique. Disons seulement ici que, dans la première, les Époques ou la suite (les temps, Bossuet esquisse à grands traits l'histoire universelle du genre humain et la distribue en douze épo- «lues, absolument arbitraires d'ailleurs. 11 s'arrête à Charlemagne. Dans la seconde partie, intitulée la Suite de la religion, Bossuet, préoccupé exclusivement du point de vue religieux et théologique, et avec une intrépidité d'affirmation que rien ne déconcerte, expose et prophétise après coup le développement de la religion catholique, ([u'il rattache à l'histoire du peuple juif, et qu'il fait remonter jus<iu'à la création du monde. Là, la BiOle n'est plus aux Hébreux; elle est à Bos-

suite des empires, qu'il faut maintenant vous ' remettre devant les yeux, n'est guère moins profitable, je ne dirai pas seulement aux grands princes comme vous % mais encore aux particuliers qui contemplent dans ces grands objets les secrets de la divine Providence.

Premièrement, ces empires ont pour la plupart une liaison nécessaire ^ avec l'histoire du peuple de Dieu. Dieu s'est servi des Assyriens et des Babyloniens pour châtier ce peuple ^ ; des Perses, pour le

suet, qui la tourne, la retourne, en use, en abuse, pour en tirer finalement une élucubration on ne peut plus fantastique.

1. Vous. Le personnage auquel ce discours s'adresse est, comme on sait, le fils même de Louis XIV, le Dauphin, qui avait pour gouverneur le duc de Montausier, et dont Bossuet n'était que le précepteur.

2. Comme vous. L'épithète de grand que Bossuet prête ici fort gratuitement à son élève ne doit pas être prise au pied de la lettre. C'est le langage de la cour, la politesse du temps. En tout cas, ce « grand prince », qui a en ce moment quelque douze ans, ne fera rien plus tard pour justifier cet éloge anticipé de Bossuet. En vain les hommes les plus érudits et les plus distingués mettent à son service leur savoir et leurs veilles : Pierre Danet, le père La Rue, Mme Dacier, Huet, pour lui établir les fameuses éà'xûons, ad usum Delphini: Cordemoy, Fléchiei", Tillemont pour lui enseigner l'histoire de France; Blondel, l'architecte de la porte Saint-Denis, pour lui enseigner les mathématiques appliquées à l'art de la guerre. Rien n'y fit. Monsieur resta malgré cela un médiocre; et, de tous les ouvrages composés pour son instruction, c'est lui sans doute qui a le moins profité.

3. Liaison nécessaire. Idée chimérique, monomanie scientifique de Bossuet, qui va jusqu'à faire du peuple hébreu, un des moins considérables et des moins considérés de l'antiquité, le pivot de l'histoire universelle! Signalons une fois pour toutes cette théorie renversante pour n'y plus revenir, si c'est possible.

4. Châtier ce peuple. Allusion aux invasions assyriennes, à la destruction de Samarie et du royaume d'Israël en 721; puis, en o87, c'est le tour du royaume de Juda, avec captivité à Babylone.

rétablir ' ; d'Alexandre et de ses premiers successeurs, pour le protéger *; d'Antiochus l'Illustre et de ses successeurs, pour l'exercer ' ; des Romains *, pour soutenir sa liberté contre les rois de Syrie, qui ne songeaient qu'à le détruire. Les Juifs ont duré jusqu'à Jésus-Christ sous la puissance ^ des mêmes Romains. Quand ils l'ont méconnu et crucifié, ces mêmes Romains ont prêté leurs mains, sans y penser ^, à la vengeance divine, et ont exterminé ce

1. Pour le rétablir. En o36, Kyros (Cyrus) permet aux Juifs de retourner dans leur pays.

2. Pour le protéger. Alexandre, se rendant en Egypte, visita Jérusalem, y fut reçu par le grand prêtre Jaddus escorté de tous ses lévites, et, en retour, octroya aux juifs toutes sortes de privilèges.

3. Pour l'exercer. Sens étymologique du latin exercere, mettre à l'épreuve. Cf. Bossuet, Ilist., \\, 3 : « Job qui, livré entre les mains de Satan, pour être exercé par toutes sortes de peines; » — et Pascal, Prière pour Image des maladies : « 0 Dieu, qui ne laissez subsister le monde et toutes choses du monde que pour exercer vos élus... • — Pour le fond, allusion aux persécutions qu'eurent à essuyer les Hébreux de la part des rois Séleucides, et à la résistance héroïque des Macchabées.

4. Des Romains. Les Romains ne s'imaginaient guère collaborer aux desseins de la Providence! Ils continuaient simplement à appliquer leur méthode diplomatique, justifiée par une expérience sept fois séculaire. Pour détruire le royaume de Syrie, ils s'appuyaient sur tous les mécontents, leur accordaient leur appui, constituaient ainsi le parti romain.

5. Sous la puissance. Expression très juste. Depuis la prise de Jérusalem par Pompée i64j, la Judée devint un État client, ou plutôt vassal de Rome. Ses princes, Hérode, Hérode Agrippa, à force de politique, surent se maintenir, mais dans des conditions de vassalité.

6. Sans y penser. A leur insu, inconsciemment. Toutefois, Dieu ne s'est pas trop pressé de se venger, puisque vengeance il y a : il a attendu un vengeur. Jésus fut crucifié l'an 33 de notre ère (103 de Rome), le vendredi 15 nizan, veille de la Pàque. Les Romains ne bougent pas. Pilate même s'en lave les mains. Trente-sept ans se passent. Un

peuple ingrat. Dieu qui avait résolu de rassembler dans le même temps le peuple nouveau ' de toutes les nations, a premièrement réuni les terres et les mers sous ce même empire. Le commerce ^ de tant de peuples divers, autrefois étrangers ' les uns aux autres, et depuis réunis sous la domination romaine, a été un des plus puissants moyens dont la Providence se soit servie pour donner cours à l'Évangile. Si le même empire romain a persécuté durant trois cents ans ce peuple nouveau qui naissait de tous côtés dans son enceinte * cette persécution ^ a con-

beau jour, les Juifs, à l'insligalion d'un fanatique, d'un prophète quelconque, se soulèvent contre la domination romaine. Vespasien, puis Titus, se chargent de la répression, qui fut d'ailleurs radicale. Le peuple Juif, en effet, fut exterminé, non pas pour avoir crucifié 1' « oint du Seigneur », mais parce qu'il s'était révolté contre Rome; de sorte que, n'en déplaise à Bossuet, si Jérusalem n'eût pas levé l'éfeadard de la révolte, la « vengeance divine » eût attendu longtemps satisfaction.

1. Le peuple nouveau. Par opposition au peuple ancien, les Juifs, il ne peut être question ici que du nouveau peuple de Dieu, les chrétiens, formés, grâce à Saint-Paul, de toutes les nations sans acception ni exclusion.

2. Le commerce. Dans le sens étymologique du latin commercium, échange, relations commerciales d"abord (cwm, mercem), puis relations générales et de toute nature.

3. Autrefois étrangers. Vérité tout à fait relative. Avant la domination romaine, et de temps immémorial, grâce aux Phéniciens, aux Grecs, aux Carthaginois, tous les peuples, qui plus lard furent absorbés par la domination romaine, étaient en rapports très actifs. Le périple de l'Afrique avait été fait. La Chine et l'Inde même faisaient le commerce avec l'Asie occidentale, l'Egypte et par suite l'Europe.

4. Enceinte. Expression étrange et d'une extension forcée. On conçoit l'enceinte d'un édilice, d'une cité: l'enceinte de l'empire romain ne s'explique pas.

5. Cette persécution. Néron inaugura les persécutions contre les Chrétiens. Tacite nous a raconté les supplices horribles auxquels il se fit un jeu de les soumettre. Toutefois, le même

firme * l'Église chrétienne, et a fait éclater sa gloire avec sa fui et sa patience. Enfin l'empire romain a cédé; et ayant trouvé quelque chose de plus invincible que lui, il a reçu paisiblement dans son sein cette Église à laquelle il avait fait une si longue et si cruelle guerre -. Les empereurs ont employé leur pouvoir à faire obéir l'Église ', et Rome a été le chef * de l'empire spirituel que Jésus-Christ a voulu étendre par toute la terre.

Tacite, s'il blâme la forme, ne blâme point le principe de celte sévérité. Les meilleurs empereurs de Rome, Trajan par exemple, et le plus vertueux de tous, Marc-Aurèle, adopteront contre le « peuple nouveau » une politique de répression rigoureuse. Ce ne fut, de leur part, ni parti pris, ni intolérance. Rome admettait tous les dieux et tous les cultes. Les superstitions les plus grossières obtenaient chez elle droit de cité et protection. .Mais les Juifs, et les Chrétiens, avec lesquels on les confondit longtemps, ne pratiquaient point la tolérance à l'égard des autres. Leurs idées religieuses étaient exclusives. Ils formaient une société à part, réalisaient un Étal dans l'État. Us parlaient d'un royaume à eux, lequel tendait naturellement à renverser l'autre. Contre des adversaires aussi déclarés, les empereurs n'avaient plus qu'à se défendre, et c'est ce qu'ils firent : de là, les persécutions.

1. Confirmé. Sens du latin confirmavit : a établi solidement.

2. Guerre. L'empire romain a cédé, en effet; mais la politique y fit plus ([ue la conviction. C'est grâce au concours de Constantin, le plus féroce peut-être des empereurs après Néron, que le christianisme, par l'édit de Milan (déc. 313i, est admis au nombre des cultes autorisés. Personnellement, Constantin ne se pressa pas d'user de la religion nouvelle. Il resta toute sa vie attaché à l'ancien culte. C'est seulement trois mois avant sa mort, 337, qu'il reçut le baptême, et encore des mains d'un évêque arien.

3. Faire obéir rÉf/lise. A faire en sorte que l'Église fût obéie. Obéir est absolument un verbe neutre et l'on dit : obéir à quelqu'un. L'emploi qu'en fait Bossuet n'a point passé dans la langue.

4. Le chef. Sens du latin capiit : la capitale de l'empire spirituel. Cf. Hist., Deuxième part., chap. ui : « Comme si Jérusalem

Quand le temps a été venu * que la puissance romaine devait tomber et que ce grand empire, qui s'était vainement promis l'éternité, devait subir la destinée de tous les autres, Rome, devenue la proie des Barbares ^, a conservé par la religion son ancienne majesté. Les nations qui ont envahi l'empire romain y ont appris peu à peu la piété chrétienne, qui a adouci leur barbarie; et leurs rois *, en se mettant chacun dans sa nation à la place des

eût été dès lors destinée à être une ville sainte et le chef de la religion. »

1. A été venu. Ce passé indéfini n'existe plus dans la langue. Venir étant un verbe neutre, j'ai été venu ne peut être en effet qu'un barbarisme.

2. Devait subir. Suivant le système de Bossuet, sorte de fatalisme théologique, le temps devait venir, pour Rome, comme pour tous les autres peuples, où elle succomberait sous les coups des Barbares. Ces grands événements, que la philosophie et l'histoire expliquent par des raisons naturelles, humaines, Bossuet préfère les imputer aux décrets d'une Providence, aux conseils de laquelle il a sans doute été admis bien souvent, à en juger par l'intrépidité de ses affirmations.

3. Barbares. « A l'époque de Constantin, dit E. Maréchal {Hist. rom.), cinq métropoles chrétiennes étaient au premier rang par leur importance : Jérusalem, Alexandrie, Antioche, Constantinople, Rome. Constantin, en transportant le siège de lempire à Constantinople, assure la suprématie hiérarchique au siège de Rome. L'évêque de Rome hérita en fait du titre de Pontifex tnaximus que portaient les empereurs. »

4. lueurs rois. L'empire romain, trop faible pour espérer même résister à l'invasion, lit la seule chose qu'il y eût à faire, et qui était du reste absolument conforme à la politique romaine des meilleurs temps : diviser les Barbares, et les détruire les uns par les autres. C'est ce que firent les empereurs. Ils prirent à leur solde les chefs des Francs, ceux des Wisigoths, ceux des Burgondes, et bien d'autres. Les Clovis, les Aiaric, les Théodoric occupèrent d'abord la Gaule, l'Espagne, l'Italie, à titre de lieutenants des empereurs, patrices consuls, chefs de la milice. Peu à peu, ils se rendirent indépendants, et trouvèrent plus commode de fonder des royau-

empereurs, n'on t trouvé aucun de leurs titres plus glorieux que celui de protecteurs de l'Église.

Mais il faut ici vous découvrir les secrets jugements de Dieu sur l'empire romain et sur Rome même ; mystère que le Saint-Esprit a révélé à saint Jean ', et que ce grand homme, apôtre, évangéliste et prophète, a expliqué dans V Apocalypse *. Rome, qui avait vieilli ' dans le culte des idoles, avait une peine extrême à s'en défaire, même sous les empereurs chrétiens, et le sénat se faisait un honneur de défendre les dieux de Romulus, auxquels il attri-

mes à leur profit. Voy. Fiistel de Coulanges, Hist. des institutions politiques de l'une. France, liv. III, ch. iv et vii.

1. Saint Jean. Un des douze Apôtres, fils de Zébédée et frère de saint Jacques le Majeur. Disciple préféi'é du Christ, il l'accompagna au jardin des Oliviers et au Calvaire, et commença aussitôt à prêcher l'Évangile. Arrêté pendant la persécution de Néron il fut rélégué dans l'ile de Patmos, une ile de l'Archipel, où il écrivit son Apocalypse .

2. Apocalypse. Livre étrange, et qui fit, à son apparition (69), une sensation profonde, surtout dans le monde oriental, terre classique de toutes les crédulités. Il n'a point été facile de saisir les intentions de l'auteur, saint Jean l'Évangéliste, qui les a enveloppées à dessein de toutes les ressources du symbolisme biblrque et religieux. Les images les plus hardies, les métaphores les plus extravagantes — serp-i somnia — y pullulent ou plutôt s'y continuent sans interruption. Bossuet y puise à chaque instant, pour en tirer des effets oratoires. L'exégèse moderne, au prix de longs efforts, avec le secours de l'histoire, de la chronologie, a réussi à peu près à démontrer que, sous ce dévergondage d'imagination orientale, se dissimulent des allusions formelles aux malheurs des temps : malédictions à l'adresse de Néron, persécuteur des Chrétiens, annonce de la destruction du paganisme et du culte des Juifs, de la chute de l'empire romain, du triomphe définitif de l'Église. Voy. E. Renan, V Antéchrist , ch. xvi et xvii.

3. Avait vieilli. Sens du latin consenuerat. Pascal avait dit avant Bossuet : « Le monde ayant vieilli dans ces erreurs charnelles, Jésus-Christ est venu. »

8 DISCOURS SLU l'histoire universelle

buait toutes les victoires de l'ancienne république '. Les empereurs étaient fatigués des députations de ce grand corps, qui demandait le rétablissement de ses idoles, et qui croyait que corriger Rome de ses vieilles superstitions était faire injure au nomromain -. Ainsi cette compagnie, composée de ceque l'empire avait de plus grand % et une immense multitude de peuple où se trouvaient presque tous les plus puissants de Rome, ne pouvaient êtreretirées de leurs erreurs, ni par la prédication de* l'Évangile , ni par un si visible * accomplissement des anciennes prophéties, ni par la conversion presque de tout le reste de l'empire, ni enfin, par celle des princes dont tous les décrets autorisaient ^ le christianisme. Au contraire, ils conti-

1. République. Zozime, lib. IV; Orat. Symm. ap. Ambr.,. t. V, lib. V, Ep. XXX, nunc xvii, t. II, col. 828 et seq. ; Aug., de Civit. Dei, lib. I, c. i, etc., t. VII. — B.

2. Même après l'édit de Milan, 313, même après le triomphe de plus en plus complet du christianisme, subsistèrent des traces matérielles de l'ancien culte. Le polythéisme était tropprofondément entré dans les moelles du peuple romaiuv pour disparaître si facilement; il était étroitement lié au passé et à Thistoire nationale, aux mœurs, aux institutions, à la politique.

3. De plus grand. A y regarder de plus près, le sénat des derniers temps de l'empire devait être, comme tout le reste, bien dégénéré, et n'avait que le nom de commun avec le sénat d'autrefois. Le nom était resté, mais la chose avait singulièrement changé.

4. Si visible. Toutes les raisons qu'énumère ici Bossuet manquaient apparemment d'évidence, puisque la lutte dura encore jjrès de deux siècles, et fut marquée par une tentative officielle de restauration de l'ancien culte, et cela de la part d'un homme de la valeur de l'empereur Julien.

5. Autorisaient. A la fois dans le sens propre et dans le sens figuré. Vauctoritas des empereurs permettait malériellemeu'i et recommandait moralement le christianisme.

nuaient à charger d'opprobres l'Église de Jésus- Christ, qu'ils accusaient encore, à l'exemple de leurs pères, de tous les malheurs de l'empire, toujours prêts à renouveler les anciennes persécutions, s'ils n'eussent été réprimés par les empereurs '. Les choses étaient encore en cet état au quatrième siècle de l'Église, et cent ans après Constantin, quand Dieu enfin se ressouvint ^ de tant de sanglants décrets du sénat contre les fidèles, et tout ensemble des cris furieux dont tout le peuple romain, avide du sang chrétien, avait si souvent fait retentir Famphithéàtre. Il livra donc aux Barbares cette ville enivrée du sang des martyrs, comme parle saint Jean ^. Dieu renouvela sur elle les terribles châtiments qu'il avait exercés sur Babylone * :

1. Par les empereurs. La lutte de pamphlets et la polémique lurent ardentes entre les partisans des deux cultes, comme l'attestent les écrits du temps. Les païens attribuaient aux chrétiens tous les malheurs de l'empire; et les Terluliien, les Origène, dans leurs apologétiques, plus tard saint Augustin n'avaient pas de peine à trouver les parties vulnérables du système de leurs adversaires.

2. Dieu enfui se ressouvint. Expression biblique. Dans la Bible, Dieu oublie, se souvient, s'irrite, s'apaise, sommeille, se réveille, passe par tous les états d'un anthropomorphisme aussi varié que complet.

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