Apoc, XVII, 6. B
4. Sur Babylone. Au livre II, chap. vi, Bossuet a exposé les jugements de Dieu sur Nabuchodouosor, sur les rois ses successeurs, et sur tout l'empire de Babylone : « En exécution du décret de Dieu, Cyrus se fait tout à coup une ouverture dans Babylone. L'Euphrate, détourné dans les fossés qu'il lui préparait depuis si longtemps, lui découvre son lit immense : il entre par ce passage imprévu. Ainsi fut livrée en proie aux Mèdes et aux Perses, et à Cyrus, comme avaient dit les Prophètes, cette superbe Babylone;... et le marteau qui avait brisé tout l'univers fut brisé lui-même, etc. » Tout le reste est sur ce ton inspiré et prophétique.
Rome même est appelée de ce nom. Cette nouvelle Babylone , imitatrice de l'ancienne , comme elle enflée de ses victoires, triomphante dans ses délices et dans ses richesses, souillée de ses idolâtries S et persécutrice du peuple de Dieu, tombe aussi comme elle d'une grande chute, et saint Jean chante sa ruine ^ La gloire de ses conquêtes, qu'elle attribuait à ses dieux, lui est ôtée : elle est en proie aux Barbares, prise trois et quatre fois, pillée, saccagée, détruite ^ Le glaive des Barbares ne pardonne qu'aux Chrétiens *. Une autre Rome toute chrétienne sort des cendres de la première; et c'est seulement après l'inondation des Barbares ^ que
1. Idolâtries. Le mot, rigoureusement, ne peut avoir de pluriel; il signifie adoration des idoles. Mais Bossuet vise ici bien moins le travers en lui-même que ses effets concrets, ses formes tangibles, tous ces innombrables cultes importés à Rome de tous les coins de l'univers, toutes ces institutions, ces confréries, ces mystères, cet abîme de toutes les superstitions. Cf. Boss., 3c Ave7-t., 4, où le mot est également employé deux fois au pluriel.