Plat., Alcib., l. B
2. La magie. C'est-à-dire la religion enseignée et personnifiée par les mages. Ces prêtres, marjoush, formaient une caste fermée, qui se perpétuait par l'hérédité. Ils enseignaient les lois religieuses de Zoroastre, soi-disant consignées dans le Zend-Avesla, leur livre sacré. Ils avaient le monopole du culte : impossible d'offrir un sacrifice, de faire acte de religion en leur absence. Vêtus de longues robes blanches, coiffés de hautes tiares, tenant en mains le faisceau sacré de tamarisque, sans lequel on ne devait rien faire, ils se rendaient procesjionnellement aux autels, préparaient la victime, versaient les libations, prononçaient les formules magiques et mystérieuses qui lui donnaient toute sa vertu. Caste toute-puissante, ils s'imposèrent à tous les vainqueurs successivement, et survécurent à la ruine de tous les empires de la vallée de l'Euphrate.
3. Zoroastre. Son vrai nom est Zarathoustra, et paraît signifier la « splendeur de l'or ». Personnage légendaire; en
mase ' ; le second les accoutumait à dire la vérité, et à rendre la justice; le troisième leur enseignait à ne se laisser pas vaincre par les voluptés, afin d'être toujours libres et vraiment rois, maîtres d'eux-mêmes et de leurs désirs; le quatrième fortifiait leur courage contre la crainte, qui en eût fait des esclaves, et leur eût ôté la confiance si nécessaire au commandement. Les jeunes seigneurs étaient élevés à la porte du roi avec ses enfants ^ On prenait un soin particulier qu'ils ne vissent ni n'entendissent rien de malhonnête. On rendait compte au roi de leur conduite. Ce compte qu'on lui en rendait était suivi, par son ordre, de châtiments et de récompenses. La jeunesse, qui les voyait, apprenait de bonne heure, avec la vertu, la science d'obéir et de commander. Avec une si belle institution ^, que ne
tout cas, préhistorique. Pline le disait de mille ans antérieur à .Aloise. Il est probablement contemporain des premiers âges de la race iranienne, au temps où les tribus étaient encore campées en Bactriane; et il vaut mieux avouer (ju'on ne sait rien de certain sur sa personne. 1! n'en est pas de même de sa doctrine, renfermée dans les trois recueils de ÏAvesta. L'idée fondamentale de cette religion est le dualisme de deux principes : l'un le bien ou la lumière, Ormuzd; l'autre, le mal ou les ténèbres, Arihman. La lutte des deux principes doit se terminer par la défaite de ce dernier.
1. Oromaze. Filiation fort risquée. Cet Oromaze ne peut être que Aouramazda, ou, selon le Zend, Ahourô-mazdào, l'esprit sage « le lumineux, le resplendissant », c'est-à-dire Ormuzd lui-même.
2. Xénoph., De expedit. Cyri jun., lib. L B. — 'Ev Ta-.; êauc- /iwc O'jpaiç, dit Xénophon. Il est curieux de rencontrer déjà dans l'historien grec cette expression bizarre, la Porte, qui est encore en vigueur aujourd'hui à Constantinople pour désigner la cour, le palais du souverain et les dilTérents ministères.
3. Institution. Dans le sens strict du latin : système d'édu cation. Quintilien, voulant former un orateur avec l'enfant romain, intitule son livre : De inslitutione oratoria.
devait-on pas espérer des rois de Perse et de leur noblesse, si on eût eu autant de soin de les bien conduire dans le progrès de leur âge *, qu'on en avait de les bien instruire dans leur enfance? Mais, les mœurs corrompues de la nation les entraînaient bientôt dans les plaisirs, contre lesquels nulle éducation ne peut tenir. Il faut pourtant confesser que, malgré cette mollesse des Perses, rhalgré le soin (Qu'ils avaient de leur beauté et de leur parure, ils ne manquaient pas de valeur. Ils s'en sont toujours piqués *, et ils en ont donné d'illustres marques. L'art militaire avait parmi eux la préférence qu'il méritait , comme celui à l'abri duquel tous* les autres peuvent s'exercer en repos ^ Mais jamais ils n'en connurent le fond *, ni ne surent ce que
1. Dans le progrès de leur âge. Expression toute latine : in staiis progressu, progredienle setate. Reste à savoir qui eût eu qualité, à la cour des rois de Perse, pour les rappeler à leur devoir. Les directeurs de conscience, dont Louis XIV faisait usage, n'existaient pas à la cour de Suse, ni de Persépolis.
2. Ils s'en sont toujours piqués. Expression figurée et pittoresque, qui signifie : se vanter de, avoir des prétentions à. La métaphore est tirée peut-être de l'idée d'exciter, de réveiller, d'animer qu'a quelquefois le mot piquer. Se piquer, ce serait proprement se réveiller, s'exciter à la vue ou à la pensée d'une chose. L'expression était très usitée au xyw siècle et appartenait à la bonne langue. Cf. La Font., FafA., M, 7 :
Le mulel d'un prélat se piquait de noblesse.
Sévigné, 425 : « Je ne me pique ni de fermeté ni de philosophie. «