Des Jeux Olympiques. Voy. siip., page 75, note
2. Dociles. Disposés à se laisser instruire, former, diriger. C'est le sens du latin dodlis.
3. Le corps de l'État. L'individu était peu de chose, dans la cité antique; l'État était tout. A Sparte, les lois de Lycurgue immolaient littéralement le citoyen à l'intérêt supérieur de la cité. « Les enfants, dit Platon, sont moins à leurs parents qu'à la cité. » — C'est une erreur singulière, dit M. Fustel de Coulanges [Cité antique, p. 26'/), entre toutes les erreurs humaines que d'avoir cru que dans les cités anciennes l'homme jouissait de la liberté. Il n'en avait pas même l'idée. Le gouvernement s'appela tour à tour monarchie, aristocratie, démocratie; mais aucune de ces révolutions ne donna aux hommes la vraie liberté, la liberté individuelle. »
4. Nourrissaient. Dans le sens moral s'élevaient. Voy. siip., page n, note 4.
dès le berceau à regarder la patrie comme une mère commune, à qui ils appartenaient plus encore qu'à leurs parents. Le mot de civilité ' ne signifiait pas seulement parmi les Grecs la douceur et la déférence mutuelle qui rend les hommes sociables : l'homme civil n'était autre chose qu'un bon citoyen, qui se regarde toujours comme membre de l'État, qui se laisse conduire par les lois, et conspire avec elles au bien public ', sans rien entreprendre sur personne. Les anciens rois que la Grèce avait eus en divers pays, un Minos, un Gécrops, un Thésée, un Codrus, un ïémène, un Cresphonte, un Eurysthène, un Patroclès, et les autres semblables, avaient répandu cet esprit dans toute la nation ', Ils furent tous populaires \ non point en flattant le
1. Civilité. Le mot àïTEio-r,;, sans doute, dont l'adjectif àTTîto; signifie poli, aimable, spirituel, fin. « L'homme civil », au contraire, le bon citoyen, en latin vir civilis. s'appelait plutôt TTOA'.Tixôç ivT,p; et cette dernière acception ne comporte pas en grec le premier sens.
2. Conspire avec elles au bien public. L'expression conspire implique une rivalité entre les lois et les citoyens pour concourir au bien public.
3. Plat., De leg., lib. IIL B. — Minos, roi de Crète, eu fut aussi le législateur. Sa légende est bien connue. Cécrops, Thésée, Codrus, furent tous trois rois de l'Attique qui leur doit son organisation, ses institutions religieuses, sociales et politiques. Témène et Cresphonte, avec leur frère Aristodème, que Bossuet ne nomme pas, sont les chefs Héraclides qui dirigèrent l'invasion doripnne dans le Péloponnèse, vers 1104 av. J.-G. Eurysthène était le fils d'Aristodème, ainsi que Proclès, que Bossuet appelle ici par mégarde Patroclès, puisque le texte de Platon visé plus haut porte Proclès. C'est de ces deux derniers que descendent tous les rois de Sparte pendant huit ou neuf siècles, sauf quelques tyrans ou usurpateurs passagers.
4. Populaires. Sens du latin popularis, qui aime le peuple et qui en est aimé : vir vere popularis.
peuple, mais en procurant son bien * et en faisant régner la loi.
Que dirai-je de la sévérité des jugements? Quel plus grave tribunal y eut-il jamais que celui de l'Aréopage % si révéré dans toute la Grèce, qu'on disait que les dieux mêmes y avaient comparu '? Il a été célèbre dès les premiers temps, et Cécrops apparemment l'avait fondé sur le modèle des tribunaux de l'Egypte *. Aucune compagnie ' n'a conservé si longtemps la réputation de son ancienne sévérité, et l'éloquence trompeuse en a toujours été bannie.
1. En procurant son bien. Sens du latin procurare : donner ses soins à. Cf. Descartes, Met h., vi, 2 : « La loi qui nous oblige à procurer autant qu'il est en nous le bien général de tous les hommes. »
2. L'Aréopage. Tribunal d'Athènes, qui tirait son nom de la colline {iziyoij de Mars ("Aosioç), sur laquelle il siégea longtemps. Il remontait à l'origine même des temps mythologigiques, ne jugeait d'abord que des causes criminelles, siégeait de nuit, n'admettait point d'avocats, de peur des inconvénients. Solon modifia dans un sens démocratique celte assemblée, où les archontes, pris dans toutes les classes, purent entrer. Ses attributions s'étendirent, jusqu'au jour où, Périclès commençant à jouer un grand rôle, un de ses partisans, Éphialtes, fit restreindre sa compétence. Malgré cela, l'Aréopage conserva une grande autorité, survécut à la réduction de la Grèce en province. Les Romains le respectèrent et renvoyaient beaucoup d'alTaires à ses décisions.
3. Les dieux mêmes y avaient comparu. Selon la légende mythologique, Neptune et Minerve avaient jadis fait trancher leur querelle par l'Aréopage. Cette allusion est-elle à sa place ici, dans un livre qui prétend être grave?
4. Sur le modèle des trilunaiu: d'Éfjtjpte. Le fait que l'éloquence était interdite devant l'Aréopage de même qu'à Mem- I)his, et l'autorité de Diodore qui l'affirme, sont des raisons insuffisantes pour établir l'origine égyptienne de l'Aréopage.
î). Compagnie, au xvn« siècle, se disait de toute assemblée, libre ou sous le patronage du roi, pour la culture des lettres, des sciences, pour l'administration de la justice. Les Académies, les Parlements étaient des compagnies.
LES EMPIIŒS 1:29
Les Grecs ainsi policés ^ peu ù peu se crurent capables de se gouverner eux-mêmes, et la plupart des villes se formèrent en républiques *. Mais de sages législateurs qui s'élevèrent en chaque pays, un Thaïes ', un Pythagore, un Pittacus, un Lycurgue, un Solon, un Philolas, et tant d'autres que l'histoire marque, empêchèrent que la liberté ne dégénérât en licence. Des lois simplement écrites *, et en petit nombre, tenaient les peuples dans le devoir, et les faisaient concourir au bien commun du pays.