DE CET OUVRAGE
avant toutes choses, vous faire lire, dans l'Écriture , l'histoire du peuple de Dieu , qui fait ie fondement de la religion. On ne vous a pas laissé ignorer l'histoire grecque ni la romaine ; et ce qui vousétoit plus important, on vous a montré avec soin l'histoire de ce grand royaume que vous êtes obligé de rendre heureux. Mais, de peur que ces histoires et celles que vous ave; encore à apprendre ne se confondent dans votre esprit , il n' a rien de plus nécessaire que de vous représenter distin ment, mais en raccourci, toute la suite des siècles.
Cette manière d'histoire universelle est à l'égard des histoires de chaque pays et de chaque peuple ce qu'est une carte générale à l'égard des cartes particulières. Dans les cartes particulières vous voyez tout le détail d'un royaume ou d\me province en elle-même : dans les cartes universelles vous apprenez à situer ces parties du monde dans leur tout ; vous voyez :e que Paris ou l'Ile-de-France ■ est dans le royauim que le royaume est dans l'Europe, et ce que l'Europe est dans l'univers.
Ainsi les histoires particulières représentent la suite des choses qui sont arrivées à un peuple dans tout leur détail : mais, afin de tout entendre , il faut savoir le rapport que chaque histoire peut avoir avec les autres ; ce qui se fait par un abrégé où l'on voie 2, comme d'un coup d'oeil, tout Tordre des temps.
Un tel abrégé , Monseigneur , vous propose 3 un grand spectacle. Vous voyez tous les siècles précédents se développer, pour ainsi dire , en peu d'heures devant vous : vous voyez comme les empires se succèdent les uns aux autres ; et comme !a religion, dans ses différents États, se soutient également depuis le commencement du monde jusqu'à notre temps.
C'est la suite * de ces deux choses , je veux dire celle de la religion et celle des empires, crue vous devez imprimer dans votre mémoire ; et comme la religion et le gouvernement politique sont les deux points sur lesquels roulent 5 les choses humaines , voir ce qui regarde ces choses renfermé clans un
1 Ancienne province considérable de France, qui forme maintenant les départements de la Seine, de Seine-et-Oise, de l'Oise, et une partie de ceux de Seine-et-Marne, de l'Aisne, et d'Eure-et-Loir. Elle avait pour capitale Paris. — i OU l'on voie; subjonctif imité de la construction latine.— 3 «Vous propose,» vous présente; antè oculos proponit. — * Suite a généralement danj cet ouvrage le sens de série, séries, ordo, et non pas de continuation.— 5 « Les deux points sur lesquels roulent. » Métaphore indiquant l'idée d'aie, de pôl • re ; employer ces mc!« edî clé affecté et recherché