‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 43 sur 110 · IX. SCIPION, OU CARTHÀGE VAINCUE · texte numérisé non relu

IX. SCIPION, OU CARTHÀGE VAINCUE

avec les Romains a. Tout lui succe'doit *, quand Tryphon, par un manquement de parole, le fit périr avec ses enfants. Son frère Simon, le plus prudent et le plus heureux des Machabées, foi succe'da; et les Romains le favorisèrent, comme ils avoient fait <ie ses prédécesseurs. Tryphon ne fut pas moins infidèle à son pupille Antiochus qu'il Favoït été à Jonathas. Il fit mourir cet enfant par le moyen des médecins, sous prétexte de le faire tailler de la pierre, qu'il n'avoitpas, et se rendit maître d'une partie du royaume. Simon prit le parti de Démétrius Nicator, roi légitime; et, après avoir obtenu de lui la liberté de son pays, il la soutint par les armes contre le rebelle Tryphon h. Les Syriens furent chassés de la citadelle qu'ils tenoient dans Jérusalem, et ensuite de toutes les places de la Judée. Ainsi les Juifs, affranchis du joug des Gentils par la valeur de Simon, accordèrent les droits royaux à lui et à sa famille; et Démétrius Nicator consentit à ce nouvel établissement. Là commence le nouveau royaume du peuple de Dieu et la principauté des Asmonéens, toujours jointe au souverain sacerdoce.

En ces temps, l'empire des Parthes s'étendit sur la Bach'ienne et sur les Indes par les victoires de Mithridate, le plus vaillant des Arsacides. Pendant qu'il s'avançoit vers l'Euphrate, Démétrius Nicator, appelé par les peuples de cette contrée que Mithridate venoit de soumettre, espéroit de réduire à l'obéissance les Parthes, que les Syriens traitoient toujours de rebelles. Il remporta plusieurs victoires; et, prêt à retourner dans la Syrie pour y accabler Tryphon, il tomba dans un piège qu'un général de Mithridate lui avoit tendu :ain>i il demeura prisonnier des Parthes c. Tryphon, qui se croyoit assuré par le malheur de ce prince, se vit tout d'un coup abandonné des siensd. Ils ne pouvoient plus souffrir son orgueil. Durant la prison de Démétrius, leur roi légitime, ils se donnèrent à sa femme Cléopâtre et à ses enfants; mais il fallut chercher un défenseur à ces princes encore en bas âge. Ce soin regardoit naturellement Antiochus Sidétès, frère de Démétrius : Cléopâtre le fitreconnoître dans tout le royaume. Elle fitplu^ : Phraate, frère et successeur de Mithridate, traita Nicator en roi, et lui donna sa fille Rodogune en mariage. En haine de cette rivale, Cléopâtre, à qui elle ôtoit la couronne avec son mari, épousa Antiochus Sidétès, et se résolut à régner par

« Av. J.-C. 145 ans. B. ou 144 ans. Bénéd.— & 142 ans. B.~ « 141 ans. 3. — d 140 ans. B.

' Lui réussissoit : Omnïa illi ex sententia succedebant.

toute sorte de crimes. Le nouveau roi attaqua Tryphon : Simon se joignit à lui dans cette entreprise ; et le tyran, forcé dans toutes ses places, finit comme il le méritoit". Antiochus, maître du royaume, oublia bientôt les services que Simon lui avoit rendus dans cette guerre, et le fit périr6. Pendant qu'il ramassok contre les Juifs toutes les forces de la Syrie, Jean Hyrcan, fils de Simon, succéda au pontificat de son père, et tout le peuple se soumit à lui. Il soutint le siège dans Jérusalem avec beaucoup de valeur; et la guerre qu' Antiochus méditoit contre les Parthes, pour délivrer son frère captij, lui fit accorder aux Juifs des conditions supportables.

En même temps que cette paix se conclut, les Romains, qui commençoient à être trop riches, trouvèrent de redoutables ennemis dans la multitude effroyable de leurs esclaves. Eunus, esclave lui-même, les souleva en Sicile, et il fallut employer à les réduire toute la puissance romaine.

Un peu après, la succession d'Attalus, roi de Pcrgame, qu? fit par son testament0 le peuple romain son héritier, mit la division dans la ville. Les troubles aes Gracques commencèrent. Le séditieux tribunal de Tibérius Gracchus, un des premiers hommes de Piome, le fit périr : tout le sénat le tua par la main de Scipion Nasica, et ne vit que ce moyen d'empêcher la dangereuse distribution d'argent dont cet éloquent tribun ilattoit le peuple. Scipion Emilien rétablissoit la discipline militaire; et ce grand homme, qui avoit détruit Carthage, ruina encore en Espagne Numance, la seconde terreur des Romains"*.

Les Parthes se trouvèrent foibles contre Sidétès : ses troupes, quoique corrompues par un luxe prodigieux, eurent un succès surprenant. Jean Hyrcan, qui l'avoit suivi. dans cette guerre avec ses Juifs, y signala sa valeur, et fit respecter la religion judaïque, lorsque l'armée s'arrêta pour lui donner le loisir de célébrer 1 un jour de fête2. Tout cédoit, etPhraate vit son empire réduit à ses anciennes limites; mais, loin de désespérer de ses affaires, il crut que son prisonnier lui serviroit ù les rétablir, et à envahir la Syrie. Dans cette conjoncture, Démétri us éprouva un sort bizarre. Il fut souvent relâché, et autant de fois retenu, suivant que l'espérance ou la crainte p ré valoient dans l'esprit de son beau-père. Enfin un moment lie roux, où

« Av. J.-C. 139 ans. B. — * 155 ans. B. — « 155 ans. B. — <* 132 ans. B.

* Nie. Damasc. apud Joseph., Ântiq. Jud., lib. xw, c. ivi, al. S. B. — • Var. a Le jour du repos. »

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