INTRODUCTION. IX
témcignages de Pantiquité, graver de leur caractère une image concise, juste et facile à saisir, faire de là ressortir des leçons utiles : telio est* la tâche qu'il achève.
frois pensées principales le guident, il les rattache et les..oue : pve- ^t>mièrement, il fait voir avec une sorte d e. tristesse majestueuse Pinconstance des choses humaines. Ce point de vue était dominant chez les premiers historiens, et Hérodote semble se l'être surtout proposé, comme depuis ont fait les tragiques grecs. Mais ce qui pour les anciens n'était qu'une idée morale propre à diminuer l'orgueil de la prospérité, et à soulager le malheur par la résignation, est devenu pour les chrétiens un moyen puissant de relever l'espérance et le désir de la vie immortelle. .
<£) En second iieu^ossuet. et c'est, on l'a déjà vuefgon but essentiel — montre, même dans l'histoire profane, le gouvernement suprême de < la Providence ; il semble expliquer cette pensée d'un autre grand C homme, répétée, de nos jours, par un homme illustre aussi, et versé • dans les affaires comme dans la science : l'homme s'agite et Dieu le mène.
Bossuet n'est pas le premier qui ait vu dans l'histoire l'action divine; saint Augustin et Paul Orose l'avaient aperçue1, mais il a approfondi cette idée, il l'a étendue et fixée dans un livre immortel. Après, ces considérations générales, il recherche dans les lois, l'éducation et la conduite politique, les causes secondes de l'élévation et de la déca- *S\ dence des empires ; et dans la troisième partie, c'est surtout à ce point '^ix qu'il s'attache. Bossuet n'interroge point lessouvenirs du passé pour satisfaire une curiosité savante ; il s'en tient, sans rien innover, à l'histoire telle que la donnent les auteurs classiques de l'antiquité. Il ne vise point à produire des effets pittoresques, ou à donner aux événements un enchaînement dramatique. Hormis ces grands principes incontestables dont nous venons de parler il y a un instant, il n'a point d'idée philosophique originale à laquelle il rapporte l'ensemble des faits historiques; jl ne construit poinU. comme Vico, un système tout d'une pièce. Il ne s'agit pas ici de condamner toute hypothèse de ce genre, mais il n'en devait point entrer dans un livre élémentaire. Tel est, en effet, le Discours sur l'histoire universelle; et que l'on ne se méprenne pas sur le sens que nous donnons ici à ce mot élémentaire . nous ne voulons pas dire superficiel , facile, commun, abaissé lu ni-
1 Augustin (Saint), r'un des plus illustres pères de l'Eglise, .. agasle,
en Afrique, l'an 55^, mort à soixante-seize ans, dans la mê contrée, à Hippone, dont il était évêque. ïl a composé, entre autres ouvrages, un livra intitulé : La Cité de Dieu, pour répondre aux païens qui attribuaient la décadence de l'empire à la religion chrétienne et à l'abandon du culte de leurs dieux. — Orose (Paul), né en Catalogne, contemporain d'Augustin, a écrit, également, pour combattre les préventions des païens contre ia religion chrétienne, une histoire qui s'étend depuis la Création du monde jusqu'à l'an Sir. de J.-C. Voyez une trés-intéressante et très-judicieuse appréciation de l'on vrage de saint Augustin et de celui d'Orose dans YExamen critique des Historiens anciens de la vie et du règne d'Auguste, par M. A. £. Egger, • ix, g ;.