‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 6 sur 110 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

veau des intelligences peu exercées : bien loin de là; ne us entendons par éléments les connaissances premières, assurées, for.damentales^su r lesquelles "rep^p. l'éducation des hommes et des sociétés. les points d'appui d'où ils s'élèvent: les règles constantes de la » p. hnmainaja ( morale sainte, la sagesse r-îvnp- *> pnliTimm.

II peut paraître aisé de s'en tenir ainsi à la science acquise, et aux idées admises par les gens raisonnables ; mais ceux qui ont réfléchi sur ces matières savent qu'il faut un génie du premier ordre pour entraîner le lecteur sans lui rien proposer d'étrange, sans chercher à divertir et à flatter l'imagination, pour être à la fois sublime et sensé.

Comme les anciens, Bossuet s'occupe moins des faits politiques, forme de gouvernement, traités, etc., et des faits économiques, commerce, industrie, etc., que des faits moraux, ou, pour parler plus exactement, des idées morales qui expliquent les faits. Encore, pour lui, la morale n'est-elle pas une description savante des mobiles qui font agir les hommes, mais l'art de vivre en homme de bien. Il veut un résultat pratique, et, pour y arriver, il montre partout les conséquences des bonnes ou des mauvaises actions, de la prudence et de la légèreté, de la modération soutenue et de l'ambition sans règle

Les chapitres du Discours sur les Romains ont évidemment inspiré à Montesquieu le dessein de son livre De ta grandeur et de la décadence des Romains. De ce qui n'est dans l'ouvrage de Bossuet qu'une esquisse rapide, le publiciste du dix-huitième siècle a fait un traité achevé avec un art savant. L'étendue relative des pages consacrées par l'un et par l'autre au même sujet ne permet pas d'en faire un parallèle exact. Au point de vue scientifique, Montesquieu a pu ajouter beaucoup à la matière donnée, de même qu'après lui des faits nouveaux ont été découverts, les notions conservées par les anciens ont été autrement interprétées, des idées nouvelles se sont fait jour. Poui citer seulement un exemple, on peut penser que ni Bossuet ni Montesquieu n'ont assez approfondi le caractère religieux des institutions romaines, l'originalité de leur ^organisation juridique et de leurs lois civiles. Mais quelles que soient" les découvertes futures de l'histoire, ce que Bossuet et Montesquieu ont écrit sur les Romains vivra par les idées générales qui sont de tous les temps, et par le style. On peut noter quelques-uns des traits qui les distinguent l'un de l'autre : Bossuet l'attache plus aux vues morales, Montesquieu aux ressorts politiques; avec le premier, on voit mieux ce que sont les mœurs et le caractère d'un peuple ; avec le second, ce que sont les lois et les hommes en particulier : Bossuet a une manière haute, magistrale et oratoire ; c'est encore, en ces matières de l'histoire profane, le prêtre qui enseigne et prêche avec autorité ; Montesquieu a un tour de pensée et de style grave, sententieux, ingénieux; il a quelque chose du juge qui interprète les lois et motive des arrêts. L'un, en marchant, projette devant lui une clarté forte et unie, l'autre sème une multitude de points lumineux. Tous les deux ont écrit avec brièveté, et font ppnsvr le lecteur; mais Bossuet, ainsi que Montesquieu l'a dit en

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