X NAISSANCE DE JESUS-CIIHIST
traité, quelques terres de l'empire. On dit qu'il embrassa la religion chrétienne dans un temps où , tout à coup, ii parut meilleur; et il est vrai qu'il fut favorable aux chrétiens. En haine de cet empereur, Dèce, qui le tua a, renouvela la persécution avec plus de violence que jamais1.
L'Eglise s'étendit de tous côtés, principalement dan.- les Gaules2, et l'empire perdit bientôt Dèce6, qui le défendoit vigoureusement. Galius et Yolusien passèrent bien vite; Emilien ne fit que paroître; la souveraine puissance fut donnée à Valérienc, et ce vénérable vieillard y monta par toutes les dignités. Il ne fut cruel qu'aux chrétiensd. Sous lui, le pape saint Etienne, et saint Cyprien, évêque de Carthage, malgré toutes leurs disputes qui n'avoient point rompu la communion , reçurent tous deux la même couronne e. L'erreur de saint Cyprien, qui rejetoit le baptême donné par les hérétiques, ne nuisit ni à lui ni à l'Eglise f. La tradition du saint-siége se soutint, par sa propre force • contre les spécieux raisonnements et contre l'autorité d'un si grand homme, encore que d'autres grands hommes défendissent la même doctrine. Une autre dispute fit plus de mal. Sabellius confondit ensemble les trois personnes divines , et ne connut en Dieu qu'une seule personne sous trois noms ». Cette nouveauté étonna l'Eglise; et saint Denis, évêque d'Alexandrie, découvrit au pape saint Sixte II les erreurs de cet hérésiarque*'. Ce saint pape suivit de près au martyre saint Etienne, son prédécesseur : il eut la tète tranchée, et laissa un plus grand combat à soutenir à son diacre saint Laurent.
C'est alors qu'on voit commencer l'inondation des barbares aa. Les Bourguignons et d'autres peuples germains, les Goths, autrefois appelés les Gètes, et d'autres peuples qui habitoient vers le Pont-Euxin et au delà du Danube, entrèrent dans l'Europe ; l'Orient fut envalii par les Scythes asiatiques et par les Perses. Ceux-ci délirent Valérien, qu'ils prirent ensuite par une infidélité; et, après lui avoir laissé achever sa vie dans un pénible esclavage, ils l'écorchôrent pour faire servir sa peau déchirée de monument à leur victoire. Gallien, son fils et son collègue, acheva de tout perdre par sa mollesse bb. Trente tyrans partagèrent l'empire.
» ANS DE J.-C. 249. — & 251. — c 254, ou 255. BÉHÉD. — d 257. - « 258.— f 256. — 9 257. — * 259.— <*« 258, 260.— "261, ou 260. BÉKÉS»
i Euseb., Hist. eccl., îib. vi, c. xxxix. B. - 2 Greg. Tur., tlitt. Franc. Iib i, c. ixyiii. B. — 3 Euseb.. Hist. eccl., Iib. jrii, c. m. b.
Odénat, roi de Palmyre", ville ancienne dont Salomonest le fondateur, fut le plus illustre de tous; il sauva les provinces d'Orient des mains des barbares, et s'y fit reconnoître. Sa femme Zénobie marchoit avec lui à la tête des armées, qu'elle commanda seule après sa mort, et se rendit célèbre par toute la terre, pour avoir joint la chasteté avec la beauté, et le savoir avec la valeur. Claudius II6, et Aurélien après luic, rétablirent les affaires de l'empire. Pendant qu'ils abattoient les Goths avec les Germains, par des victoires signalées, Zénobie conservoit à ses enfants les conquêtes de leur père. Cette princesse penchoit au judaïsme. Pour l'attirer, Paul de Samosate, évêque d'Antioche, homme vain et inquiet, enseigna son opinion judaïque sur la personne de Jésus-Christ, qu'il ne faisoit qu'un pur homme1. Après une longue dissimulation d'une si nouvelle doctrine, il fut convaincu et condamné au concile d'Antioche. La reine Zénobie soutint la guerre contre Auréliend, qui ne dédaigna pas de triompher d'une femme si célèbre e. Parmi de perpétuels combats, il sut faire garder aux gens de guerre la discipline romaine, et montra qu'en suivant les anciens ordres et l'ancienne frugalité, on pouvoit faire agir de grandes arméeb au dedans et au dehors, sans être à charge à l'empire.
Les Francs commençoient alors à se faire craindre8. C'étoit une ligue de peuples germains, qui habitoient le long du Rhin. Leur nom montre qu'ils étoient unis par l'amour de la liberté. Aurélien les avoit battus étant particulier3, et les tint en crainte étant empereur. Un tel prince se fit haïr par ses actions sanguinaires. Sa colère trop redoutée lui causa la mort/'. Ceux qui se croyoient en péril le prévinrent, et son secrétaire menacé se mit à la tête de la conjuration. L'armée, qui le vit périr par la conspiration de tant de chefs, refusa d'élire un empereur, de peur de mettre sur le trône un des assassins d' Aurélien; et le sénat , rétabli dans son ancien droit, élut Tacite. Ce nouveau prince étoit vénérable par son âge et par sa vertu; mais il devint odieux par les violences d'un parent à qui il donna le commandement de l'armée, et périt avec lui, dans une sédition, le
« Ans DE J.-C. 264. — » 268.— ■ 270.— d 273. — « 274. — f 275.
1 Euseb., Ilist. eccï., iib. vu, e. xxvn et sqq. B. Athan., de Synod., n. 26, 43, t. i, p. 739, 757, elc. ; Theodor., Hœr. Fab., Iib. n, fab. vin ; Niceph., Iib. vi, c. xxvii. B. — * Ilist. Aug.Aurel., c. vu; Flor., c. n ; Prob., c. u, in ; Firm., etc., c. un. B. — 3 « Fiant particulier, n Par opposition à emp$reur, elant simple général. « Un tel prince, a Ce prince, d'ailleurs si grand, si célébra. Tantus ver o pr inceps.