‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 54 sur 110 · PART. I. LES ÉPOQUES. X. NAISSANCE DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

PART. I. LES ÉPOQUES. X. NAISSANCE DE JÉSUS-CHRIST

En ces temps, Piome, toujours ennemie du christianisme, fit un dernier effort pour l'éteindre, et acheva de rétablir. Galérius, marqué par les historiens comme l'auteur de la dernière persécution', deux ans devant2 qu'il eût obligé Dioclétien à quitter l'empire, le contraignit à faire ce sanglant édit a qui ordonnoit de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais. Maximien, qui les haïssoit et n'avoit jamais cessé de les tourmenter, animoit les magistrats et les bourreaux ; mais sa violence, quelque extrême qu'elle fût, n'égaloit point celle de Maximin et de Galérius. On inventoit tous les jours de nouveaux supplices. La pudeur des vierges enrétiennes n'étoit pas moins attaquée que leur foi. On recherchoit les livres sacrés avec des soins extraordinaires, pour en abolir la mémoire ; et les chrétiens n'osoient les avoir dans leurs maisons, ni presque les lire. Ainsi, après trois cents ans de persécution, la haine des persécuteurs devenoit plus âpre. Les chrétiens les lassèrent par leur patience. Les peuples, touchés de leur sainte vie, se convertissoient en foule. Galérius désespéra de les pouvoir vaincre. Frappé d'une maladie extraordinaire, il révoqua ses édits, et mourut de la mort d'A^ntiochus fc, avec une aussi fausse pénitence. Maximin continua la persécution; mais Constantin le Grand, prince sage et victorieux, embrassa publiquement le christianisme c3.

* Ans de J.-C 502, ou 503. Bénéd. — * 51i. — « 312.

1 Euscb., Ilist. eccL, lib. vm, c. xvi ; de Yild Constant., lib. I, e. lvii ; Lact., ibid,, c. ix et sqq. B. — * On dirait aujourd'hui : « Deux ans avant qu'il eût, etc. » 11 est maintenant reconnu en principe que devant ne doit pas s'employer par rapport au temps : « Le plus tôt arrivé se place avant les autres; le plus considérable se place devant. » Girard. Wailly, Marmontel. M. Guéroult et les éditeurs du Dictionnaire de Trévoux ont eu raison de blâmer l'emploi de cette préposition dans les phrases suivantes : «Auguste commença à régner quarante-deux ans devant Jésus-Christ. — Henri IV régna devant Louis XIII. — J'avais donné ces ordres devant que de savoir de vo? nouvelles. » Il est vrai que du temps de Racine, de Boileau, de La Fontaine, la préposition devant s'employait dans ce sens. {Gramm. des Gramm.) — ' Remarquez dans cette Epoque les persécutions exercées contre les chr$- : les progrès du chiistianisme.

OiNZIÈME ÉPOQUE.

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