‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 55 sur 110 · CONSTANTIN, OU LA PAIX DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

CONSTANTIN, OU LA PAIX DE L'ÉGLISE

Cette célèbre déclaration de Constantin arriva l'an 312 de notre Seigneur. Pendant qu'il assiégeoit Maxence dans Rome, une croix lumineuse lui parut en l'air devant tout le monde, avec une inscription qui lui promettoit la victoire ; la même chose lui est confirmée dans un songe. Le lendemain, il gagna cette célèbre bataille qui défit Piome d'un tyran, et l'Eglise d'un persécuteur. La croix fut étalée comme la défense du peuple romain et de tout l'empire3. Un peu après, Maximin fut vaincu par Licinius, qui étoit d'accord avec Constantin, et il fit une fin semblable à celle de Galérius. La paix fut donnée à l'Eglise. Constantin la combla d'honneurs, La victoire le suivit partout, et les barbares furent réprimés, tant par lui que par ses enfants. Cependant Licinius se brouille avec lui b, et renouvelle la persécution. Battu par mer et par terre, il est contraint de quitter l'empire, et enfin de perdre la viec.

En ce temps, Constantin assembla à Nicéed, enBithynie, le premier concile général, où trois cent dix-huit évèques, qui représentoient toute l'Eglise, condamnèrent le prêtre A ri us, ennemi de la divinité du Fus de Dieu, et dressèrent le Symbole où la consubstantialité du Père et du Fils est établie. Les prêtres de l'Eglise romaine, envoyés par le pape saint Sylvestre, précédèrent tous les évèques dans cette assemblée ; et un ancien auteur grec l compte parmi les légats du saint-siége le célèbre Osius, évoque de Cordoue, qui présida au concile. Constantin y prit sa séance, et en reçut les décisions comme un oracle du ciel. Les ariens cachèrent leurs erreurs, et rentrèrent dans ses bonnes grâces en dissimulant.

Pendant que sa valeur maintenoit l'empire dans une souveraine tranquillité, le repos de sa famille fut troublé par les artifices de Fauste, sa femme c. Crispe, fils de Constantin, mais

3 ANS nz J.-C. 513. — * 315, ou 514. BÉSÉD. — c 32i. — d 325. — « 32C.

1 Gel. C i\c, Ilist. cenc. .Yic, lib. Il, c. vi, xxvn ; Cône. Labb., t. .t. col. 130, ',27. B.

d'un autre mariage, accusé par cette marâtre, de l'avoir voulu corrompre, trouva son père inflexible. Sa mort fut bientôt vengée. Fauste, convaincue, fut suffoquée dans le bain. Mais Constantin, déshonoré par la malice de sa femme, reçut en même temps beaucoup d'honneur par la piété de sa mère. Elle découvrit, dans les ruines de l'ancienne Jérusalem, la vraie croix féconde en miracles. Le saint sépulcre fut aussi trouvé. La nouvelle ville de Jérusalem qu'Adrien avoit fait bâtir, la grotte où étoit né le Sauveur du monde, et tous les saints lieux, furent ornés de temples superbes par Hélène et par Constantin. Quatre ans après, l'empereur rebâtit Byzance, qu'il appela Constantinople, et en fit le second siège de l'empire °.

L'Eglise, paisible sous Constantin, fut cruellement affligée en Perse. Une infinité de martyrs signalèrent leur foi h. L'empereur tâcha en vain d'apaiser Saporet de l'attirer au christianisme. La protection de Constantin ne donna aux chrétiens persécutés qu'une favorable retraite. Ce prince, béni de toute l'Eglise, mourut c plein de joie et d'espérance, après avoir partagé l'empire entre ses trois fils, Constantin, Constance et Constant. Leur concorde fut bientôt troublée. Constantin périt dans la guerre qu'il eut avec son frère Constant pour les limites de leur empire d. Constance et Constant ne furent guère plus unis. Constant soutint la foi de Nicéeque Constance combattait. Alors l'Eglise admira les longues souffrances de saint Athanase, patriarche d'Alexandrie et défenseur du concile de Nicée. Chassé de son siège par Constance % il fut rétabli canoniquement par le pape saint Jules Ier, dont Constant appuya le décret1. Ce bon prince ne dura guère. Le tyran Magnence le tua par trahison f ; mais tôt2 après, vaincu par Constance, il se tua lui-même g.

Dans la bataille où ses affaires furent ruinées *, Valons, évoque arien, secrètement averti par ses amis, assura Constance3 que l'armée du tyran étoit en fuite, et fit croire au foible empereur qu'il le savoit par révélation. Sur cette fausse révélation, Constance se livre aux ariens. Les évêques orthodoxes sont chassés

° ANS de J.-C. 550. — b 333, ou 32G. BÉNÉD. — c 557. — A 340. — « 5*1. — f ooO. — 0 551. — * 553.

'<■ Socr., ïlist. ceci., lib. n, c. xv; Sozom., lib. tu, c. «il. B.— 8 Tôt, pour bientôt, ne se dit plus. — 3 L'exactitude grammaticale voudrait assura à. « Assurer veut un régime indirect de personnes, quand il signifie certifier, donner pour sûr. Ex. : 11 assure à tous ses amis que le snccél «le celle ectr.-prisc dépend des démarches que vous ferez. » Domeugie.

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