‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 107 sur 339 · Zach.,ïi · texte numérisé non relu

Zach.,ïi

qu'ils l'ont vu « grand et élevé* », ils l'ont vu c méprisé et méconnaissable au milieu des hommes; l'étonnement du monde », autant par sa bassesse que par sa grandeur ; « le dernier des hommes; l'homme de douleurs chargé de tous nos péchés ; bienfaisant, et méconnu ; défiguré par ses plaies, et par là guérissant les nôtres; traité comme un criminel ; mené au supplice avec des méchants, et se livrant, comme un « agneau » innocent, paisiblement « à la mort : une longue postérité naître de lui » par ce moyen, et la vengeance déployée sur son peuple incrédule. Afin que rien ne manquât à la prophétie, ils ont compté les années jusqu'à sa venue ^, et, à moins que de s'aveugler, il n'y a plus moyen de le méconnaître.

Non seulement les prophètes voyaient Jésus-Christ, mais encore ils en étaient la figure et représentaient ses mystères, principalement celui de la croix. Presque tous, ils ont souffert persécution pour la justice, et nous ont figuré dans leurs souffrances l'innocence et la vérité persécutée en Notre-Seigneur. On voit EUe et Elisée toujours menacés. Combien de fois Isaïe a-t-il été la risée du peuple et des rois, qui à la fm, comme porte la tradition constante des Juifs, l'ont immolé à leur fureur ? Zacharie, fils ùe Joïada, est lapidé; Ézéchiel paraît toujours dans l'affliction ; les maux de Jérémie sont continuels et inexplicables 3; Daniel se voit deux fois au milieu des lions. Tous ont été contredits et maltraités, et tous nous ont fait voir par leur exemple que, si l'infirmité de l'ancien peuple demandait en général d'être soutenue par des bénédictions temporelles, néanmoins les forts d'Israël et les hommes d'une sainteté extraordinaire étaient nourris dès lors du pain d'affliction, et buvaient par avance, pour se sanctifier, dans le calice préparé au Fils de Dieu, calice d'autant plus rempli d'amertume que la personne de Jésus-Christ était plus sainte.

Mais ce que les prophètes ont vu le plus clairement, et ce qu'ils ont aussi déclaré dans les termes les plus magnifiques, c'est la bénédiction répandue sur les gentils par le Messie. « Ce rejeton de Jessé » et de David a paru au saint prophète Isaïe « comme un signe » donné de Dieu « aux

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