‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 13 sur 339 · Gen., X, 9, 10, H · texte numérisé non relu

Gen., X, 9, 10, H

i. Porphyr., ap. Simp., lib. 11, de Csslo.

et enfin aux villes. On s'instruit à prendre certains animaux, à apprivoiser les aulres et à les accoutumer au service. On eut d'abord à combattre les bêtes farouches. Les premiers héros se signalèrent dans ces guerres. Elles firent inventer les armes, que les hommes tournèrent après contre leurs semblables : Nemrod, le premier guerrier et le premier conquérant, est appelé dans l'Écriture un fort chasseur*. Avec les animaux, l'homme sut encore adoucir les fruits et les plantes; il plia jusqu'aux métaux à son usage, et peu à peu il y fit servir toute la nature. Comme il était naturel que le temps fit inventer- beaucoup de choses, il devait aussi en faire oublier d'autres, du moins à la plupart des hommes. Ces premiers arts que Noé avait conservés, et qu'on voit aussi toujours en vigueur dans les contrées oîi se fit le premier établissement du genre humain, se perdirent à mesure qu'on s'éloigna de ce pays. Il fallut ou les rapprendre avec le temps, ou que ceux qui les avaient conservés les reportassent aux autres. C'est pourquoi on voit tout venir de ces terres toujours habitées, oiî les fondements des arts demeurèrent en leur entier, et là même on apprenait tous les jours beaucoup de choses importantes. La connaissance de Dieu et la mémoire de la création s'y conserva, mais elle allait s'afîaiblissant peu à peu. Les anciennes traditions s'oubliaient et s'obscurcissaient ; les fables qui leur succédèrent n'en retenaient plus que de grossières idées ; les fausses divinités se multipliaient; et c'est ce qui donna lieu à la vocation d'Abraham.

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