‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 194 sur 339 · Luc, XIX · texte numérisé non relu

Luc, XIX

&.Tbid., XXI, 20, 21.

Les chrétiens obéirent à la parole de leur maître. Quoiqu'il y en eût des milliers dans Jérusalem et dans la Judée, nous ne lisons ni dans Josèphe, ni dans les autres histoires, qu'il s'en soit trouvé aucun dans la ville quand elle fut prise. Au contraire, il est constant par l'Histoire ecclésiastique et par tous les monuments de nos ancêtres * qu'ils se retirèrent à la petite ville de Pella, dans un pays de montagnes auprès du désert, aux confins de la Judée et de l'Arabie.

On peut connaître par là combien précisément* ils avaient été avertis; et il n'y a rien de plus remarquable que cette séparation des Juifs incrédules d'avec les Juifs convertis au christianisme, les uns étant demeurés dans Jérusalem pour y subir la peine de leur infidélité, et les autres s'étant retirés, comme Loth sorti de Sodome, dans une petite ville oîi ils considéraient avec tremblement les effets de la vengeance divine, dont Dieu avait bien voulu les mettre à couvert.

Outre les prédictions de Jésus-Christ, il y eut des prédictions de plusieurs de ses disciples, entre autres celles de saint Pierre et de saint Paul. Comme on traînait au supplice ces deux fidèles témoins de Jésus-Christ ressuscité, ils dénoncèrent aux Juifs qui les livraient aux gentils leur perte prochaine. Ils leur dirent « que Jérusalem allait être renversée de fond en comble; qu'ils périraient de faim et de désespoir ; qu'ils seraient bannis à jamais de la terre de leurs pères, et envoyés en captivité par toute la terre ; que le terme n'était pas loin, et que tous ces maux leur arriveraient pour avoir insulté avec tant de cruelles railleries au bien-aimé Fils de Dieu qui s'était déclaré à eux par tant de miracles^ ». La pieuse antiquité nous a conservé cette prédiction des apôtres, qui devait être suivie d'un si prompt accomplissement. Saint Pierre en avait fait beaucoup d'autres, soit par une inspiration particulière, soit en expliquant les paroles de son maître; et Phlégon, auteur païen, dont Origène produit le témoignage*, a écrit que tout ce que cet apôtre avait prédit s'était accompli de point en point.

i. Euseb., Hist. eccl., III, c. v ; Epiph., Hœr., vm, Nazaraerorum, et liJ). de Fonder, et Mens.

Page 1