‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 216 sur 339 · Coi · texte numérisé non relu

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vertement à tant de blasphèmes, et souffrir, je ne dis pas le dernier supplice, mais le moindre affront pour la vérité? Loin de le faire, « ils ont retenu la vérité captive* », et ont posé pour maxime qu'en matière de religion il fallait suivre le peuple : le peuple, qu'ils méprisaient tant, a été leur règle dans la matière la plus importante de toutes, et où leurs lumières semblaient le plus nécessaires. Qu'as-tu donc servi*, ô philosophie ? « Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde » ? comme nous disait saint Paul ^; « n'a-t-il pas détruit la sagesse des sages, et montré l'inutilité de la science des savants »? j

C'est ainsi que Dieu a fait voir par expérience que la ruine i de l'idolâtrie ne pouvait pas être l'ouvrage du seul raisonnement humain. Loin de lui commettre la guérison d'une telle maladie, Dieu a achevé de le confondre par le mystère . de la croix, et tout ensemble il a porté le remède jusqu'à la ; source du mal.

L'idolâtrie, si nous l'entendons, prenait sa naissance de ce profond attachement que nous avons à nous-mêmes. C'est ce qui nous avait fait inventer des dieux semblables à nous, des dieux qui en effet n'étaient que des hommes sujets à nos passions, à nos faiblesses et à nos vices : de sorte que, sous le nom des fausses divinités, c'était en effet leurs propres pensées, leurs plaisirs et leurs fantaisies que les gentils adoraient.

Jésus-Christ nous fait entrer dans d'autres voies. Sa pauvreté, ses ignominies et sa croix le rendent un objet horriblej à nos sens. Il faut sortir de soi-même, renoncer à tout, tout crucifier pour le suivre. L'homme arraché à lui-même et h\ tout ce que sa corruptioïi lui faisait aimer, devient capable d'adorer Dieu et sa vérité éternelle, dont il veut dorénavant suivre les règles.

Là périssent et s'évanouissent toutes les idoles, et celles qu'on adorait sur des autels, et celles que chacun servail dans son cœur. Celles-ci avaient élevé les autres. On adorai! Vénus, parce qu'on se laissait dominer à l'amour sensuel ef qu'on en aimait la puissance. Bacchus, le plus enjoué d< tous les dieux, avait des autels, parce qu'on s'abandonnait

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