‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 22 sur 339 · SALOMON · texte numérisé non relu

SALOMON

lites qu'il voulait rappeler à la pénitence. Us virent sans, se convertir les merveilles d'Élie et d'Elisée, qui prophétisèrent durant les règnes d'Achab et de cinq de ses successeurs. En ce temps Homère fleurit, et Hésiode fleurissait trente ans avant lui. Les mœurs antiques qu'ils nous représentent, et les vestiges qu'ils gardent encore, avec beaucoup de grandeur, de l'ancienne simplicité, ne servent pas peu à nous faire entendre les antiquités beaucoup plus reculées et la divine simplicité de l'Écriture. Il y eut des spectacles effroyables dans les royaumes de Juda et d'Israël. Jézabel fut précipitée du haut d'une tour par ordre de Jéhu (3120 — 88i).Il ne lui servit de rien de s'être parée : Jéhu la fit fouler aux pieds des chevaux. Il fit tuer Joram, roi d'Israël, fils d'Achab ; toute la maison d'Achab fut exterminée, et peu s'en fallut qu'elle n'entraînât celle des rois de Juda dans sa ruine. Le roi Ochosias fils de Joram, roi de Juda, et d'Athalie, fut tué dans Samarie avec ses frères, comme allié et ami des enfants d'Achab. Aussitôt que cette nouvelle fut portée à Jérusalem, Athalie résolut de faire mourir tout ce qui restait de la famille royale, sans épargner ses enfants, et de régner par la perte de tous les siens. Le seul Joas, fils d'Ochosias, enfant encore au berceau, fut dérobé à la fureur de son aïeule. Jézabeth, sœur d'Ochosias et femme deJoïada, souverain Pontife, le cacha dans la maison de Dieu et sauva ce précieux reste ^ de la maison de David. Athalie, qui le crut tué avec tousles autres, vivait sans crainte.

Lycurgue donnait des lois à Lacédémone. Il est repris de les avoir fait toutes pour la guerre, à l'exemple de Minos, dont il avait suivi les institutions ^, et d'avoir peu pourvu à la modestie des femmes, pendant que, pour faire des soldats, il obligeait les hommes à une vie si laborieuse et si tempérante.

Rien ne remuait en Judée contre Athalie : elle se croyait affermie par un règne de six ans. Mais Dieu lui nourrissait un vengeur dans l'asile sacré de son temple. Quand il eut atteint l'âge de sept ans (3126 — 678), Joïada le fit connaître à quelques-uns des principaux chefs de l'armée royale, qu'il

1. Racine, dans Athalie, 1, n, s'est souvenu de cette expression : * Du Adèle David c'est le précieux reste ».

2. Plat., de Républ., lib. Vlll; deLeg., lib. 1 ; Arist., Poiit , 11b. II.

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