Qui notât sa vie, qui imprimât une tache .sur sa vie
S.Tacit., Annal., XV.xliv.
haïr le genre humain, ou de lui être odieuse. Tel est le orime de Jésus-Christ et des chrétiens ; et leurs plus grands ennemis n'ont jamais pu les accuser qu'en termes vagues, sans jamais alléguer un fait positif qu'on leur ait pu imputer.
11 est vrai que dans la dernière persécution, et trois cents ans après Jésus-Christ, les païens, qui ne savaient plus que reprocher ni à lui ni à ses disciples, publièrent de faux actes de Pilate, oii ils prétendaient qu'on verrait les crimes pour lesquels il avait été crucifié. Mais, comme on n'entend point parler de ces actes dans tous les siècles précédents, et que ni sous Néron ni sous Domitien, qui régnaient dans l'origine du christianisme, quelque ennemis qu'ils en fussent, on n'en trouve rien du tout, il paraît qu'ils ont été faits à plaisir ; et il y a parmi les Romains si peu de preuves constantes contre Jésus-Christ, que ses ennemis ont é^é réduits à en inventer.
Voilà donc un premier fait, l'innocence de Jésus-Christ sans reproche. Ajoutons-en un second, la sainteté de sa vie et de sa doctrine reconnue. Un des plus grands empereurs romains, c'est Alexandre Sévère, admirait Notre- Seigneur, et faisait écrire dans les ouvrages publics* aussi bien que dans son palais - quelques sentences de son Évangile. Le même empereur louait et proposait pour exemple les saintes précautions avec lesquelles les chrétiens ordonnaient les ministres des choses sacrées. Ce n'est pas tout : on voyait dans son palais une espèce de chapelle, où il sacrifiait dès le matin. Il y avait consacré les images « des âmes saintes », parmi lesquelles il rangeait avec Orphée Jésus-Christ et Abraham. Il avait une autre chapelle, ou comme on voudra traduire le mot latin larariwn ^, de moindre dignité ^ que la première, où l'on voyait limage d'Achille et de quelques autres grands hommes ; mais Jésus-Christ était placé dans le premier rang. C'est un païen qui l'écrit, et il cite pour témoin un auteur du temps
\. Ouvrages publies, édifices publics.