‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 271 sur 339 · Hcrod., II : Diod., 1, sect. n · texte numérisé non relu

Hcrod., II : Diod., 1, sect. n

5. Les 3.600 stades, dont parle Hérodote, se réduisent à soixantedeux lieues. D'après les calculs modernes, le lac Mœris n'aurait pas eu plus de cinquante à soixante lieues de tour.

Ceux qui ne savent pas jusqu'à quel point on peut ménager la terre * prennent pour fable ce qu'on raconte du nombre des villes d'Égj'pte^. La richesse n'en était pas moins incroyable. Il n'y en avait point qui ne fût remplie de temples magnifiques et de superbes palais ^.L'architecture y montrait partout cette noble simplicité et cette grandeur qui remplit l'esprit*. De longues galeries y étalaient des sculptures que la Grèce prenait pour modèles. Thèbes le pouvait disputer aux plus belles villes de l'univers^. Ses cent portes chantées par Homère^ sont connues de tout le monde. Elle n'était pas moins peuplée qu'elle était vaste, et on a dit qu'elle pouvait faire sortir ensemble dix mille combattants par chacune de ses portes ^. Qu'il y ait, si l'on veut, de l'exagération dans ce nombre, toujours est-il assuré que son peuple était innombrable. Les Grecs et les Romains ont cé" lébré sa magnificence et sa grandeur^, encore qu'il n'en eussent vu que les ruines : tant les restes en étaient augustes!

Si nos voyageurs avaient pénétré jusqu'au lieu où cette ville était bâtie, ils auraient sans doute encore trouvé quelque chose d'incomparable dans ses ruines^: car les ouvrages des Égyptiens étaient faits pour tenir contre le temps. Leurs statues étaient des colosses, leurs colonnes étaient immenses ^°. L'Egypte visait au grand et voulait frapper les yeux de loin, mais toujours en les contentant par la justesse des proportions. On a découvert dans le Saïd (vous savez bien que c'est le nom de la Thébaïde) des temples et des palais presque encore entiers où ces colonnes et ces

1. Ménager la terre, tirer parti de la terre avec ménage, avec économie.

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