Act., vu
se sert de tout, et Dieu ne veut pas que ceux qu'il inspire négligent les moyens humains, qui viennent aussi de lui à leur manière.
Ces sages d'Egypte avaient étudié le régime qui fait les esprits solides, les corps robustes, les femmes fécondes elles enfants vigoureux. Par ce moyen le peuple croissait en nombre et en forces. Le pays était sain naturellement; mais la philosophie leur avait appris que la nature veut être aidée. Il y a un art de former les corps aussi bien que les esprits. Cet art, que notre nonchalance nous a fait peidrc, était bien connu des anciens, et l'Egypte l'avait trouvé. Elle employait principalement à ce beau dessein la frugalité et les exercices*. Dans un grand champ de bataille qui a été vu par Hérodote^, les crânes des Perses aisés à percer, et ceux des Égyptiens plus durs que les pierres auxquelles ils étaient mêlés, montraient la mollesse des uns et la robuste constitution qu'une nourriture frugale et de vigoureux exercices donnaient aux autres. La course à pied, la course à cheval, la course dans les chariots, se pratiquait en Egypte avec une adresse admirable, et il n'y avait point dans tout l'univers de meilleurs hommes de cheval que les Égyptiens. Quand Diodore nous dit qu'ils rejetaient la lutte^ comme un exercice qui donnait une force dangereuse et peu durable, il a dû l'entendre de la lutte outrée des athlètes que la Grèce elle-même, qui la couronnait dans ses jeux, avait blâmée comme peu convenable aux personnes libres; mais, avec une certaine modération, elle était digne des honnêtes gens, et Diodore lui-même nous apprend* que le Mercure des Égyptiens en avait inventé les règles aussi bien que l'art de former les corps. Il faut entendre de même ce que dit encore cet auteur touchant la musique ^. Celle qu'il fait mépriser aux Égyptiens, comme capable de ramollir^ les courages, était sans doute cette musique mollo et efféminée qui n'inspire que les plaisirs et une fausse tendresse. Car, pour cette musique généreuse dont les no-