Nymphodor. lib.XlU,Xer. barbar. post Herod
envahit le royaume * : il en traiîa aussi bien les peuples et y fit d'aussi grandes choses qu'aucun des rois naturels. Jamais on ne vit une modération pareille à la sienne, puisque, après cinquante ans d'un règne heureux, il retourna en Ethiopie pour obéir à des avertissements qu'il crut divins. Le royaume abandonné tomba entre les mains de Sethon, prêtre de Vulcain, prince religieux à sa mode, mais peu guerrier, et qui acheva d'énerver la milice en maltraitant les gens de guerre. Depuis ce temps l'Egypte ne se soutint plus que par des milices étrangères. On trouve une espèce d'anarchie. On trouve douze rois choisis par le peuple, qui partagèrent entre eux le gouvernement du royaume. C'est eux qui ont bâti ces douze palais qui composaient le Labyrinthe. Quoique l'Egypte ne put oublier ses magnificences, elle fut faible et divisée sous ces douze princes. Un d'eux (ce fut Psammitique) se rendit le maître par le secours des étrangers. L'Egypte se rétablit, et demeura assez puissante pendant cinq ou six règnes. Enfin, cet ancien royaume, après avoir duré environ seize cents ans -, affaibh par les rois de Babylone et par Cyrus, devint la proie de Cambyse, le plus insensé de tous les princes.
Ceux qui ont bien connu l'humeur de l'Egypte ont reconnu qu'elle n'était pas belliqueuse^ : vous en avez vu les raisons. Elle avait vécu en paix environ treize cents ans, quand elle produisit son premier guerrier, qui fut Sésostris. Aussi, malgré sa milice si soigneusement entretenue, nous voyons sur la fin que les troupes étrangères font toute sa force, .qui est^ un des plus grands défauts que puisse avoir un État. Mais les choses humaines ne sont point parfaitcv^, et il est malaisé d'avoir ensemble dans la perfection \iarts de la paix avec les avantages de la guerre. C'est un assez belle durée d'avoir sul)sisté seize siècles. Quelques Éthiopiens ont régné à Thèbes dans cet intervalle, entre autres Sabacon, et, à ce qu'on croit, Taraca. Mais l'Egypto.^ tirait cette utilité de l'excellente constitution de son Éla', que les étrangers qui la conquéraient entraient dans ses