‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 282 sur 339 · Qui est, ce qui est · texte numérisé non relu

Qui est, ce qui est

mœurs plutôt que d'y introduire les leurs : ainsi, changeant de maîtres, elle ne changeait pas de gourernement. Elle eut peine à souffrir les Perses, dont elle voulut souvent secouer le joug. Mais elle n'était pas assez belliqueuse pour se soutenir par sa propre force contre une si grande puissance, et les Grecs qui la défendaient, occupés ailleurs, étaient contraints de l'abandonner; de sorte qu'elle retombait toujours sous ses premiers maîtres, mais toujours opiniâtrement attachée à'ses anciennes coutumes, et incapable de démentir les maximes de ses premiers rois. Quoiqu'elle en retînt beaucoup de choses sous les Ptolémées, le mélange des mœurs grecques et asiatiques y fut si grand qu'on n'y reconnut presque plus l'ancienne Egypte.

Il ne faut pas oublier que les temps des anciens rois d'Egypte sont fort incertains^, même dans l'histoire des Égyptiens. On a peine à placer Osymanduas, dont nous voyons de si magnifiques monuments dans Diodore^, et de si belles marques de ses combats. Il semble que les Égyptiens n'aient pas connu le père de Sésostris'', qu'Hérodote et Diodore n'ont pas nommé. Sa puissance est encore plus marquée par les monuments qu'il a laissés dans toute la terre que parles mémoires de son pays; et ces raisons nous font voir qu'il ne faut pas croire, comme quelques-uns, que ce que l'Egypte publiait de ses antiquités ait toujours été aussi exact qu'elle s'en vantait, puisque elle-même est si incertaine des temps les plus éclatants de sa monarchie.

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