‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 29 sur 339 · Hier., in Dan., c. V, t. III, col · texte numérisé non relu

Hier., in Dan., c. V, t. III, col

5. Ctésias, contemporain de Xénophon. Les fragments de ses ouvrages ont été recueillis dans ii Bibliothèque de Photius.

86 PARTIE I, ÉPOQUE VH

Quant aux trois premières monarchies, ce qu'en ont écrit

la plupart des Grecs a paru douteux aux plus sages de la Grèce. Platon fait voir en général, sous le nom des prêtres d'Egypte, que les Grecs ignoraient profondément les antiquités'-; et Aristote a rangé parmi les conteurs de fables* ceux qui ont écrit les Assyi-iaques.

C'est que les Grecs ont écrit tard, et que, voulant divertir par les histoires anciennes la Grèce toujours curieuse, ils les ont composées sur des mémoires confus, qu'ils se sont contentés de mettre dans un ordre agréable, sans se trop soucier de la vérité.

Et certainement la manière dont on arrange ordinairement les trois premières monarchies est visiblement fabuleuse. Car, après qu'on a fait périr sous Sardanapale l'empire des Assyriens, on fait paraître sur le théâtre les Mèdes, et puis les Perses, comme si les Mèdes avaient succédé à toute la puissance des Assyriens, et les Perses se fussent établis en ruinant les Mèdes.

Mais, au contraire, il paraît certain que, lorsque Arbace révolta les Mèdes contre Sardanapale, il ne fit que les affranchir, sans leur soumettre l'empire d'Assyrie. Hérodote distingue le temps de leur affranchissement d'avec celui de leur premier roi Déjocès ^, et, selon la supputation des plus habiles chronologistes, l'intervalle entre ces detix temps doit avoir été environ de quarante ans. Il est d'ailleurs constant par le témoignage uniforme de ce grand historien et de Xénophon*, pour ne point ici parler des autres, que, durant les temps qu'on attribue à l'empire des Mèdes, il y avait en Assyrie des rois très puissants que tout l'Orient redoutait, et dont Cyrus abattit l'empire par la prise de Babyione.

Si donc la plupart des Grecs et les Latins qui les ont suivis ne parlent point de ces rois babyloniens ; s'ils ne donnent aucun rang à ce grand royaume parmi les premières monarchies dont ils racontent la suite ; enfin si nous ne voyons presque rien dans leurs ouvrages de ces fameux rois

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