‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 304 sur 339 · Cic, or., II · texte numérisé non relu

Cic, or., II

4. « Innocence », ici, qualité de celui qui ne nuit à personne. 6. Tit. Liv.rJib. I, un, lv, lvi; VI, v: Oionys. Halic, 111, iv; Tacit.,.

Mut.. Hl.Lxxn, Plin., XXXVI, xv.

triomphes, dei cérémonies de la religion, des jeux et des spectacles qu'on donnait au peuple*? En un mot, tout ce qui servait au public, tout ce qui pouvait donner aux peuples une grande idée de leur commune patrie, se faisait avec profusion autant que le temps le pouvait permettre. L'épargne régnait seulement dans les maisons particulières. Celui qui augmentait ses revenus et rendait ses terres plus fertiles par son industrie et par son travail, qui était le meilleur économe^ et prenait le plus sur lui-même^, s'estimait le plus libre, le plus puissant et le plus heureux.

Il n'y a rien de plus éloigné d'une telle vie que la mollesse. Tout tendait plutôt à l'autre excès, je veux dire, à la dureté. Aussi les mœurs des Romains avaient-elles naturellement quelque chose non seulement de rude et de rigide, mais encore de sauvage et de farouche. Mais ils n'oublièrent rien pour se réduire* eux-mêmes sous de bonnes lois; et le peuple le plus jaloux de sa liberté que l'univers ait jamais vu se trouva en même temps le plus soumis à ses magistrats et à la puissance légitime ^.

La milice d'un tel peuple ne pouvait manquer d'être admirable, puisqu'on y trouvait avec des courages fermes et des corps vigoureux une si prompte et si exacte obéissance.

Les lois de cette milice étaient dures, mais nécessaires. La victoire était périlleuse, et souvent mortelle à ceux qui la gagnaient contre les ordres ^. Il y allait de la vie, non seulement à fuir, à quitter s»s armes, à abandonner son rang, mais encore à se remuer, pour ainsi dire, et à branler'' tant soit peu sans le commandement du général. Qui mettait les armes bas devant l'ennemi, qui aimait mieux se laisser prendre que de mourir glorieusement pour sa patrie, était jugé indigne de toute assistance. Pour l'ordi-

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